Edito

S’il n’a rien contre vous, votre compte est bon…

Geoffroy Géraud-Legros / 28 septembre 2010

Un sourire éclatant vaut-il mieux qu’une vraie pensée politique ? C’est ce que semble penser Didier Robert qui, quelles que soient les circonstances, promène partout une tranche papaye forgée à coup de stages de communication payés par l’UMP. Sourire, à la télévision, en égrénant les promesses lancées pour se faire élire, qu’il n’a jamais eu l’intention de tenir : les euros par milliards, les bus sur chaque chemin, les milliers d’emplois.
Sourire, face aux journalistes de la presse écrite, à chaque fois qu’il les convoque pour annoncer que les Accords de Matignon, c’est bon, c’est dans la poche, c’est là, tardra viendra, Fillon est (presque) dans l’avion, l’imprimante est branchée, stylo bic i chauffe en attendant la signature… mais qu’il faudra attendre encore un mois. Cela fait tout de même depuis le mois de juin que la fameuse renégociation est reportée au mois suivant. Mais tout cela est dit avec un si beau sourire…

Bref, Didier Robert, c’est le gars sympa. Sans doute avait-il le sourire lorsqu’il a voté la loi scélérate sur les retraites pour le compte de son ami Woerth et de son ami Sarkozy. Et si on l’écoute, c’est le gars qui aime tout le monde. Ou en tout cas, qui n’a rien contre personne. Rien, par exemple, contre Nassimah Dindar : c’est déjà ce qu’il disait en 2008, lorsque du jour au lendemain, il s’est employé à éjecter la Présidente du Conseil général de son poste afin de caser dans son siège Jean-Louis Lagourgue. Pourquoi ? Mystère. Didier Robert n’a jamais donné l’explication de sa soudaine et brutale hostilité envers l’élue dionysienne. Il déclarait même alors qu’il « n’avait rien contre elle ». Il faut donc en conclure qu’il voulait seulement lui piquer sa place. En toute estime et presque amicalement. Ote-toi de là que je m’y mette.

Vendredi dernier, rebelote : sans crier gare, sans donner le moindre avertissement, sans obéir le moins du monde aux règles d’éthique et de courtoisie bref, en agissant plus en chef de bande qu’en dirigeant d’une institution, Didier Robert déboule au Conseil d’Administration de la SEMATRA et exige la tête de la même Nassimah Dindar. Quelques jours plus tôt, il avait pourtant décliné l’offre de cette dernière, qui lui proposait la Présidence de la SEMATRA. Il avait même voté pour elle.

À ses côtés, l’habituel Jean-Louis Lagourgue, décidément voué aux rôles de porte-flingue auprès du patron. Pourquoi Didier Robert s’en prend-il à Nassimah Dindar ? Comme ça. Pour lui piquer sa place. C’est en tous cas ce qu’on peut penser à la lecture des propos, puisqu’il déclare à nouveau, « qu’il n’a rien contre Nassimah Dindar » et que d’ailleurs celle-ci n’a « commis aucune erreur ». Evidemment, chacun sait ce que recherche Didier Robert : plomber la compagnie au profit de monopoles aériens qui battent de l’aile. Sa manière, c’est de le faire en dalonage. A ce propos, on a entendu dire qu’il appréciait certain de ses collaborateurs au Conseil régional. Ceux-là feraient bien de se méfier : avec un ami pareil, on n’a plus besoin d’ennemis.

G.G.-L.


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