Edito

Saint-Paul, capitale de la pauvreté

J.B. / 12 octobre 2013

L’Observatoire des Inégalités vient de publier une étude sur les revenus de la population. Elle se base sur les données de l’INSEE, et concerne la Martinique et La Réunion. C’est à La Réunion que les revenus par habitant sont les plus faibles et les inégalités les plus fortes. L’Observatoire des inégalités dit que « les dix villes où le revenu médian est le plus bas sont dix villes situées à La Réunion ». Quant aux grandes villes les plus inégalitaires, ce sont dans l’ordre Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Denis, avec un taux comparable à « la ville la plus inégalitaire de France, Neuilly sur Seine » .

Dans ce classement, les deux seules villes de plus de 100.000 habitants sont à La Réunion : Saint-Denis et Saint-Paul. Ces deux communes couvrent 4 circonscriptions ; leurs électeurs ont donc élu 4 députés, soit plus de la moitié de la représentation de La Réunion à l’Assemblée nationale. Cela situe le poids démographique et électoral de ces deux ensembles.

Au fil de l’étude, on constate que pour les riches de Saint-Denis et de Saint-Paul, tout va bien. Les 10% les plus nantis ont un revenu minimal respectivement de 3.448 et 3.267 euros. Cette rémunération est supérieure à celle des 10% les plus riches en France.

Par contre, pour les pauvres, c’est la tragédie. Selon les estimations de l’Observatoire des inégalités, 36% des Dionysiens et 39% des Saint-Paulois étaient sous le seuil de pauvreté. Autrement dit, malgré la concentration des services à Saint-Denis, et des fortunes sur le littoral de Saint-Paul, ces deux communes sont proches de la moyenne de La Réunion : 42% sous le seuil de pauvreté.

Avec un tel pourcentage, Saint-Paul est donc largement en tête des communes les plus inégalitaires de plus de 100.000 habitants. Les données de l’étude montrent bien l’ampleur de la catastrophe :

- 10% des Saint-Paulois déclarent moins de 45 euros par mois ;

- 20% survivent avec moins de 324 euros ;

- la moitié doit se débrouiller avec moins de 980 euros.

Ainsi, c’est la commune dirigée par la doyenne des députées la plus médiatique que les pauvres sont les plus maltraités. C’est la différence entre la politique virtuelle et réelle. Voilà qui explique pourquoi à Saint-Paul, les pauvres s’organisent. Ils savent qu’ils n’ont rien à attendre d’une élue qui, sans honte bue, ose encore parader à la télé avec un tel bilan. Les médias se trompent sur elle.

En effet, comment tolérer que dans une ville de plus de 100.000 habitants, un cinquième de la population doit vivre avec moins de 324 euros au 21e siècle, dans une grande commune dirigée par une parlementaire ?

Les seuls bénéficiaires de cette politique, ce sont les riches qui le sont plus qu’ailleurs. Les choses sont clairement établies.

J.B.


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