Edito

Sale temps pour les plus démunis

J.B. / 8 novembre 2012

Le Préfet a ordonné la démolition d’une case à Saint-Louis. Selon, l’administration toutes les voies de recours ont été utilisées, sans résultats. Peut-on être si naïf, pour croire qu’il y aurait eu un moyen de recours dans le système actuel ? Tout a été fait pour dégager la famille de cet endroit. Si l’État était impartial et protégeait le droit, ce n’est pas à cette famille qu’il fallait s’attaquer, mais aux riches maisons construites illégalement, à la même époque de celle qui vient d’être démolie. Il y en aurait des milliers.

En effet, l’État s’est attaqué à cette famille qui vivait dans le dénuement le plus total, dans une petite case, sans eau, ni électricité, depuis 1975. Pourtant, ils n’avaient demandé aucune subvention à l’État comme contribution publique. Ils ont construit leur maison, à l’ancienne. La décision ferme et inconvertible de démolir cette pauvre case a été exécutée par des agents sur-rémunérés de l’État. Quel paradoxe ! La famille n’avait plus que ses yeux pour pleurer devant le tas de ruines. Que penser de cette décision aveugle et sans cœur en ce début du 21e siècle ?

Est-ce parce que justement ces personnes n’ont rien demandé à l’État et qu’elles ne donnent rien à l’État ? L’État aurait-il peur que cela donne des idées à d’autres ?

Il faut faire respecter la loi selon ses services. Alors s’il faut démolir des maisons construites illégalement il faudrait détruire toutes autres maisons dans le même cas, soient environ 3.000. Il faudrait ajouter à ces maisons, celles qui occupent illégalement les domaines publics des voies ferrées, depuis la fermeture du chemin de fer. Il faudrait aussi détruire toutes ces villas en bordure de mer qui ne respectent pas les lois en vigueur sur les zones à risques et le respect des zones marines.

Oui, il faudrait un plus grand respect de la justice et de l’égalité, mais que cela s’applique à tous ! Manifestement, une société plus juste n’est pas à l’ordre du jour pour notre île. Des riches toujours plus riches d’un côté et des pauvres à qui on trouve encore le moyen d’enlever leur toit.

C’est vraiment un sale temps pour les plus pauvres et les sans défense.

J.B.


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