Edito

« Sans l’abolition de la pauvreté, le pauvre reste pauvre »

J.B. / 8 août 2013

Dimanche dernier, à Saint-Paul, Mme Vochré a été désignée Maire du Conseil Municipal des Pauvres. À ses côtés se trouvaient Frédérique Técher et Raïssa Noël. Elles se sont partagé l’animation de la séance. Raïssa a fait une intervention dont voici un extrait.

«  Le 20 décembre, nous fêtons la Liberté mais pas l’Égalité. En 1848, 60.000 esclaves ont obtenu la Liberté. Ils n’ont pas eu l’Égalité. Ils n’avaient ni argent, ni toit, ni terre. Par contre, leurs maîtres ont été indemnisés. Ils pouvaient voter mais ils ne pouvaient être maire car le maire c’était le maître, le propriétaire, le pouvoir de décider... Ça change quoi aujourd’hui ?

Les uns et les unes perçoivent des indemnités, ont un salaire, et même un sur-salaire. Les autres n’ont rien, même pas un salaire, « un minima social ». Qui peut accepter pour son prochain un « minima social ». Je ne sais pas qui a inventé ce mot. Avouez que ce n’est pas glorieux pour son auteur ! Ça doit être quelqu’un qui vit bien et qui décide ce droit aux autres.

Nos aînés se sont battus pour l’abolition de l’esclavage, nous luttons pour l’abolition de la pauvreté. Nos anciens ont obtenu l’abolition de l’esclavage, notre génération obtiendra l’abolition de la pauvreté.

En effet, en 1848, le discours dominant disait que le régime de l’esclavage était nécessaire. La moitié de la population était esclave. Aujourd’hui, on dit que la pauvreté, c’est normal ! La moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Et, ça s’aggrave. Vous vous rendez compte, nous sommes tellement conditionnés, qu’il y a même des gens qui disent que la pauvreté n’existe pas.

C’est une question de condition humaine... C’est quoi un être humain ? Parmi nous, le reste à vivre de certaines personnes c’est même pas 5 euros par jour ? Vous êtes prêts à essayer ? Des jeunes diplômés n’ont même pas 5 euros par jour !

Pendant ce temps, certains ont un salaire, un sursalaire et des indemnités d’élus 3 fois plus élevés que leur rémunération et sur-rémunération. Vous avez une élue qui touche 11.000 euros, par mois. Elle perçoit une retraite de 2.700 euros ! C’est 4 fois sa retraite de 2.700 euros.

Ce qui est injuste c’est que pour avoir tout ce privilège, elle réclame les bulletins des pauvres. Le vote des pauvres c’est pour sortir les pauvres de la pauvreté. Les pauvres doivent savoir : un maire n’a qu’un bulletin. Un pauvre a aussi un bulletin. C’est le bulletin du pauvre qui fait l’élue ! Le pauvre reste pauvre. L’élu s’enrichit et obtient des privilèges. Le 4 août est la date de la fin des privilèges royaux.

Le pauvre doit utiliser son bulletin pour changer sa condition humaine mais pas pour changer d’équipe de privilégiés. Sans l’abolition de la pauvreté, le pauvre reste pauvre ».

J.B.


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