Edito

Sarkozy assez roule à nou !

J.B. / 29 octobre 2011

À chaque fois que Sarkozy a une mauvaise nouvelle à faire avaler aux Français, il use et abuse des ressorts de la politique virtuelle. Son intervention, jeudi soir, à la télévision est un exemple du genre.

De quoi s’agit-il ?

Nous sommes en plein débat parlementaire sur le budget 2012. Nous apprenons que les prévisions de croissance pour 2012 ne vont pas dépasser 1% ! C’est la cata ! Ce faible taux de croissance remet en cause toute la politique de Sarkozy. À 6 mois des élections présidentielles, cet indicateur est très mauvais. En clair, il ne peut pas tenir ses engagements d’équilibrer les comptes sur 3 exercices budgétaires 2011-2013 afin de ramener le déficit qu’il a creusé en dessous de la barre des 3%. Les 100 milliards de réductions des dépenses publiques votés en 2010 sont déjà insuffisants. Et les agences de notations veillent.

La politique d’austérité a détruit les investissements. La croissance n’est pas au rendez-vous. Par conséquent, les recettes générées par l’activité diminuent. Le déficit s’est creusé en 2011 contrairement aux promesses faîtes lors du vote du budget. Le gouvernement est obligé de trouver du cash pour boucher les trous. Il a été obligé de faire voter le 24 août une ponction de 20 milliards d’ici à 2013 dont 4 milliards de recettes supplémentaires pour payer les dépenses du 4e trimestre 2011. Sans cet effort supplémentaire consenti par les Français, la France se trouverait en défaut de paiement. Et, les agences de notation veillent.

Pour cacher la vérité aux Français, Sarkozy fait venir Merkel à l’Élysée le 16 août. Il faut dramatiser la situation. Bien évidemment, cela ne débouche sur rien, sauf, que cela a servi de décor pour hypnotiser les Français ! Ce sera fait une semaine après, le 24 août. Ouf ! La France a frôlé la dégradation.

Cette fois, Sarkozy sait que les prévisions de croissances annoncées pour 2012 ne dépasseront pas 1%. Cela veut dire qu’il faudra encore demander aux Français. C’est d’ailleurs la seule nouvelle crédible enrobée de toutes sortes de considérations durant une heure de palabres. Tout le reste a servi de décorum pour que les parlementaires acceptent une nouvelle fois la potion amère de Sarkozy. Il n’a pas son pareil pour culpabiliser les socialistes en se plaçant comme sauveur des gouvernements socialistes de Grèce et d’Espagne.

Ce passage à la télé était prévu depuis une semaine. Les gesticulations sur le résultat difficile, improbable, etc. préparent l’opinion à la catastrophe imminente, ce qui donne du relief au sauveur suprême ! Une preuve supplémentaire que cette émission de télé était calculée et très orientée : c’est lorsqu’il s’est attaqué à la proposition de François Hollande sur la création de 60.000 emplois d’enseignants. C’est une attaque facile et gratuite puisque cette émission ne sera pas décomptée du quota de la campagne présidentielle.

Qui douterait encore que l’objectif n’avait rien avoir avec la crise ? Il n’a même pas répondu à Raffarin qui lui demandait d’expliquer pourquoi le déficit existe depuis 36 ans et on n’avait pas un problème d’endettement. Il a botté en touche quand Giscard d’Estaing lui dit de ne pas exagérer la crise de l’Euro.

J.B.


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