Edito

Sarkozy est pris au piège de ses gesticulations médiatiques.

J.B. / 2 novembre 2011

Nous l’avions dit ici même au lendemain des gesticulations télévisées de Sarkozy. La politique virtuelle ignore la réalité politique. Ça n’a pas manqué ! Alors que les médias s’amusaient à évaluer les qualités de pédagogue (sic) de l’intéressé, la situation dans la zone euro empirait d’heure en heure. Le temps d’un week-end, lundi ce fut la panique !
Le journal économique "l’Expansion" titre : « Le puissant courtier américain MF Global a déposé le bilan ce lundi, signant la huitième plus grosse faillite aux États-Unis depuis 1980. Il avait investi de 6,3 milliards de dollars dans de la dette européenne ». Il a fait confiance au discours de Sarkozy, il a perdu. Cela a entrainé une réaction en chaîne sur les places boursières européennes qui ont toutes plongé. Le même journal titre : « Paris a chuté de 3,16% lundi, Londres de 2,77%, Francfort de 3,23% et Milan de 3,82%. Les valeurs bancaires ont été de nouveau victimes des inquiétudes des marchés sur l’avenir de la zone euro ».
Désormais, les valeurs européennes vont continuer à dévisser, renvoyant les responsables politiques européens à mieux se pourvoir. C’est dans ce contexte que le gouvernement grec a décidé de soumettre le plan européen au référendum populaire. La panique s’est transformée en mépris contre les Grecs. En France, c’est Estrosi, l’ami de Sarkozy et de Didier Robert, qui sonne la charge. Pour les tenants du système libéral, c’est un crime de lèse-majesté d’utiliser la démocratie pour juger la finance.
Maintenant, c’est trop tard. Le système est devenu incontrôlable. Les gesticulations médiatiques de Sarkozy ne peuvent plus cacher la réalité. Les agences de notations vont entrer en scène plus tôt que prévu. Quel est le pays ou l’investisseur qui va se risquer à acheter de la dette européenne quand il voit les déboires du puissant MF GLOBAL américain ?
Sarkozy va ouvrir le bal du G20 en position de faiblesse devant des dirigeants du monde entier qui vont constater son incapacité à traiter équitablement les problèmes qu’il a créés. Les pays émergents ont dit leur accord pour aider l’Europe, mais sous quelles conditions ? Après 5 siècles de colonisation du monde et d’enrichissement par le pillage des trésors des pays colonisés, l’Europe, voire plus largement l’Occident, n’ont plus de réponses crédibles pour redresser la situation qu’ils ont créée. Les pays émergents non plus car ils ont tous épousé un modèle de développement à l’Occidental qui est à bout de souffle.
La présidence française du G20 et du G8 s’achève sur un constat de faillite du continent d’accueil et du pays hôte. À 6 mois de la présidentielle, nous n’échapperons pas aux nouvelles gesticulations de Sarkozy lors du sommet de Cannes. Il est comme Didier Robert. À la fin, ces tirades médiatiques n’auront plus aucune crédibilité. Sarkozy est pris au piège de sa politique virtuelle.

J.B.


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