Edito

Sarkozy ne réussit pas à convaincre

J.B. / 19 août 2011

Tout le monde parle de la rencontre Sarkozy-Merkel qui a eu lieu dans le week-end passé. L’objectif affiché était de trouver une parade à la crise financière en Europe pour rassurer les « marchés ». Tout a été fait pour médiatiser le « sommet ». L’opinion était tenue en haleine. Et, puis, patatras ! C’est la déception ! Les médias sont unanimes. En réaction, les places boursières dévissent ; les investisseurs et les épargnants n’ont plus confiance. La zone euro est particulièrement instable.

Trois jours après, c’est Jacques Delors qui annonce dans une tribune de presse que « l’Europe et l’Euro sont au bord du gouffre ». L’ancien président de la Commission européenne est très déçu de ce sommet qu’il trouve inutile « tel quel ». Il dénonce l’absence de décisions concrètes des dirigeants politiques européens en ces termes : « Ouvrons les yeux : l’euro et l’Europe sont au bord du gouffre. Et pour ne pas tomber, le choix me paraît simple : soit les États membres acceptent la coopération économique renforcée que j’ai toujours réclamée, soit ils transfèrent des pouvoirs supplémentaires à l’Union ». Au passage, il qualifie la proposition de Sarkozy de nommer un ministre des finances de la zone euro de « gadget farfelu ».
Jacques Delors est partisan de la création d’un fonds européen qui achèterait les dettes des pays européens pour alléger les budgets nationaux. Ce qui donnerait à chaque pays des capacités de relance de l’économie. Il déclare que « la mutualisation partielle des dettes, c’est la pompe pour éteindre le feu et redonner un sens à la coopération communautaire. Les États membres, simultanément, doivent lever leurs dernières objections aux six projets de directives sur la gouvernance économique, dont le Parlement européen a logiquement durci le contenu pour rendre plus automatiques les sanctions en cas de dérapage budgétaire ».
Sarkozy est particulièrement visé, car en 2 ans (2008-2009), il a fait passer le déficit français au-dessus de 3% du PIB prévu par l’accord de Maastricht, mais qui n’a pas été respecté. Il a même été jusqu’à frôler les 8%.

J.B.


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