Edito

Sarkozy soutient Didier Robert

J.B. / 6 avril 2012

Dans son discours de Pierrefonds, Sarkozy a décidé de distribuer des bons points. Il a donc félicité Didier Robert d’avoir pris de l’argent dans les caisses de la Région pour le donner aux compagnies pétrolières : « je soutiens ton initiative cher Didier ».
Rappelons que la subvention versée par la Région découle directement de la préparation du voyage de Sarkozy. La dernière rencontre officielle entre le candidat de l’UMP et son représentant à La Réunion avait eu lieu en Guyane en janvier dernier, au moment de la dernière visite officielle de Sarkozy outre-mer en tant que chef de l’État. De retour de Cayenne, Didier Robert a annoncé une mesure clientéliste : la baisse du prix du gaz payée par la Région.

Cette annonce a eu l’effet inverse qu’escompté : elle a déclenché un mouvement social. Car la population soutenue par les transporteurs a aussitôt revendiqué une baisse de 25 centimes pour tout le monde sur les carburants. Le représentant de Sarkozy à La Réunion s’est trouvé pris à son propre piège, car l’argent de la Région ne suffisait pas à payer. Quand la population a appris que Didier Robert était incapable de répondre, alors le mouvement a pris une autre ampleur avec des revendications étendues à la vie chère.
Dans l’urgence, le président de Région a donc tenté d’acheter la paix sociale en catastrophe en donnant plus de 6 millions d’euros aux compagnies pétrolières pour qu’elles baissent les prix à la pompe.

Cette première subvention n’a pas tenu un mois, car au 1er avril les compagnies pétrolières réclamaient une nouvelle hausse. Pour les calmer, le président de la Région a décidé de leur offrir de l’argent qui était destiné aux investissements dans les communes : plus de 20 millions d’euros.
Cette somme doit permettre de contenter les compagnies pétrolières jusqu’au second tour des élections législatives.
Si Sarkozy a félicité officiellement Didier Robert, les faits montrent qu’il a eu une confiance toute relative dans l’efficacité des décisions du président de la Région. Le candidat UMP est venu avec 250 gendarmes de France, et 800 membres de la force publique étaient mobilisés dans et autour de l’aéroport pour le protéger des manifestations populaires. La peur du peuple était trop forte.

J.B.


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