Edito

Sauver l’essentiel avec Julie Pontalba, Max Banon et Gilles Leperlier députés

J.B. / 3 juin 2017

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Le gouvernement a présenté un projet de loi visant à la moralisation de la vie publique. C’est le chantier législatif le plus médiatisé. Il comporte des mesures qui parlent à une population en crise de confiance vis-à-vis du personnel politique.

Ainsi, il prévoit notamment l’interdiction de l’embauche de membre de leur famille pour les membres du gouvernement, les parlementaires et les cabinets des élus locaux. Hier sur radio Free Dom, Maurice Gironcel a montré toutes les limites d’une telle mesure, car les embauches de membres de famille de parlementaire restent possible dans une assemblée. Il suffit d’un échange de bons procédés entre deux élus qui recrutent un membre de la famille de l’autre.

Le projet de loi veut aussi exclure pendant 10 ans des élections tout élu jugé coupable de corruption, tout en laissant au juge la possibilité de fixer lui-même la peine d’inéligibilité. Or, c’est ce qui se fait actuellement.

Ce qui pourrait sans doute annoncer un bouleversement, c’est la proposition selon laquelle « les élus ne pourront plus exercer plus de trois mandats identiques et successifs de député, de sénateur ou d’exécutif local, sauf pour les petites communes, afin de permettre un renouvellement de nos représentants ». Voilà qui ouvre la porte à un renouvellement du personnel politique. Mais rien n’est dit sur l’interdiction de continuer à cumuler deux mandats et les fonctions qui peuvent être supérieures à deux avec les traitements qui s’additionnent.

Or, pour faire adopter cette mesure, le gouvernement compte passer par une révision de la Constitution. Autrement dit, deux possibilités existent : le vote d’une majorité des deux-tiers des parlementaires ou le référendum. À l’heure où ses lignes sont écrites, le parti du président de la République ne dispose d’aucun député et sénateur. Il est difficile de croire qu’un parti créé depuis moins d’un mois puisse obtenir à lui seul les deux-tiers des sièges des parlementaires grâce aux législatives de juin, et aux sénatoriales de septembre. Il ne reste donc que le référendum. Une révision de la Constitution est un processus qui se prépare, le précédent gouvernement avait échoué à en réussir la moindre en 5 ans. La moralisation de la vie publique est donc un débat qui ressortira à des moments opportuns, afin de détourner l’attention de la population de l’essentiel.

Car avec ce gouvernement, l’essentiel est immédiat, c’est la remise en cause du Code du Travail. Et pour cela, aucune révision de la Constitution n’est nécessaire. La feuille de route est connue, les parlementaires n’auront à voter que deux fois : pour autoriser le gouvernement à utiliser les ordonnances, et pour voter sans possibilité d’amendement le texte présenté. Les partisans d’une telle casse sociale sont connus, ce sont notamment des députés sortants et autres candidats socialistes qui cachent leur étiquette PS. Parmi eux se trouvent l’ex-ministre Ericka Bareigts, Monique Orphé, Jean-Jacques Vlody et Virginie Gobalou. Dans trois circonscriptions, des candidats communistes sont en capacité de battre ces partisans de la casse sociale. En élisant Julie Pontalba, Max Banon et Gilles Leperlier, les Réunionnais pourront compter sur des députés communistes qui se battront pour sauver l’essentiel.

J.B.


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