Edito

Scandale de la NRL : l’étau se resserre

J.B. / 4 mai 2016

Le lycée Roland-Garros du Tampon a connu hier une manifestation. La présence d’amiante dans les bâtiments est en cause. Pour les élèves et les enseignants, il est plus que temps d’agir. Ils protestent contre la lenteur du chantier de rénovation placé sous la responsabilité de la Région.

Cette manifestation rappelle une autre dans le Sud. Les stagiaires du Campus professionnel de Saint-Pierre ont été contraints de dresser des barrages pour que la Région viennent discuter des conditions de travail dans cet établissement. Quand Didier Robert est arrivé au pouvoir en 2010, il a hérité de Paul Vergès d’un centre de formation neuf, capable de rivaliser avec ses homologues européens. Au bout de cinq ans, tout s’est dégradé, aussi bien dans les bâtiments que dans la gestion du personnel.

Ces différents faits montrent que la priorité de la Région n’est pas d’investir dans l’avenir, mais de tout miser sur des opérations clientélistes et électoralistes telles que la distribution de bons d’achat pour des ordinateurs, les bons de réduction sur les billets d’avion qui sont des subventions déguisées aux compagnies aériennes, et le recrutement massif d’emplois précaires priés de faire le nombre lors de manifestations organisées par Didier Robert.

Pour masquer cette réalité, la Région utilise un rideau de fumée intitulé Nouvelle route du littoral (NRL). Ce chantier évalué à plus de deux milliards a été lancé sans avoir la certitude d’avoir les matériaux pour le réaliser. 8.000 à 12.000 emplois étaient promis pour justifier le détournement sur ce projet de route de la somme obtenue par Paul Vergès pour construire un train à La Réunion. Dans la réalité, ce nombre peut être divisé par dix.

Ce rideau de fumée est en train de se dissiper à cause des conditions pour le moins obscures dans lesquelles ont été attribués les marchés de la NRL. Elles ont poussé le Parquet national financier à enquêter. En octobre dernier, une série de perquisitions sans précédent a eu lieu au domicile de Didier Robert et de plusieurs élus, dans son bureau et au siège de la Région Réunion. Quelques semaines plus tard, la directrice de la communication avait passé plusieurs heures au quartier général de la gendarmerie pour récupérer des documents saisis lors des fouilles. Hier, une seconde vague d’investigations s’est abattue sur les amis du président de Région. Elle a visé son directeur de cabinet entendu plusieurs heures par les gendarmes et d’autres proches. L’étau sur la NRL est en train de se resserrer. La campagne de communication la plus coûteuse de l’histoire de La Réunion va-t-elle bientôt se terminer ?


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