Edito

Se saisir du changement au Sénat pour réclamer un moratoire sur le mode de recrutement des fonctionnaires destinés à occuper des postes à La Réunion

J.B. / 10 octobre 2011

La semaine dernière, le nouveau président du Sénat, Jean-Pierre Bel, a rencontré le Premier ministre, François Fillon. Il lui a demandé de surseoir à la réforme territoriale.

Dans le communiqué publié à l’issue de cet entretien, Jean-Pierre Bel a demandé au Premier ministre « d’entendre le mécontentement des élus locaux… contre la réforme territoriale » ainsi que « la colère des territoires face à leur incertitude sur le plan financier et institutionnel » . Comme propositions immédiates, il réclame, entre autres, « un moratoire sur la réforme territoriale » ainsi que l’ouverture de la concertation et du dialogue avec les responsables locaux.

Cette procédure, en faveur des instances locales, est souhaitée dans le but de mieux prendre en compte les intérêts des populations de ces territoires ; elle n’est pas sans rappeler la proposition du Parti communiste réunionnais qui réclame depuis plusieurs années « un moratoire sur le mode de recrutement actuel des fonctionnaires ».

En effet, chaque année, un millier de postes est créé dans la fonction publique, dans l’Académie de La Réunion. Récemment, dans un rapport sénatorial, le Sénateur UMP Doligé s’était étonné qu’une centaine seulement était ouverte aux Réunionnais. La Sénatrice réunionnaise Gélita Hoarau est intervenue également pour souligner que cette situation atteint les limites de l’acceptable, car celle-ci soulève la colère des jeunes Réunionnais diplômés. Dans une île où 37% de la population active est au chômage, dont la moitié représente la jeunesse, il est dangereux et irresponsable de pérenniser un mode de recrutement qui ne prend pas en compte « les réalités du territoire ».

C’est pourquoi il faut profiter du changement intervenu au Sénat pour insuffler une mise à plat des relations qui sont contradictoires avec les réalités locales. Comme pour les réformes des Collectivités, il faut partir des conditions de développement du territoire. L’objectif est de satisfaire les besoins locaux en visant la cohésion sociale de notre population insulaire qui est située à 10.000 km de Paris. Un moratoire est nécessaire pour ouvrir le dialogue et la concertation. Sinon, à la prochaine rentrée, nous serons encore au stade des constats.

Les jeunes de l’AJFER sont maintes fois intervenus sur le sujet. Le pouvoir fait la sourde oreille. Mais à l’instar de ce qui se passe à Mayotte et dans les pays arabes, la jeunesse rappelle aux décideurs que la frustration a des limites.

J.B.


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