Edito

Sens et contresens aux élections de dimanche

J.B. / 20 mai 2014

Nous votons ce dimanche 25 mai pour désigner le Député qui défendra les intérêts réunionnais au Parlement européen. Hier, nous avons exposé les combats des Réunionnais pour défendre nos spécificités à l’intérieur de l’Union Européenne ainsi que les acquis que constituaient les RUP et POSEI. Alors qu’en Europe même, des voix se lèvent pour réclamer une meilleure prise en charge des identités régionales, nous assistons à la balade dans nos eaux chaudes de touristes politiques venus prêcher la bonne parole au bon peuple réunionnais, invité à voter selon le prisme parisien.

Dans les faits, ils viennent demander aux Réunionnais de se diviser suivants des intérêts et enjeux continentaux. Or, la circonscription Outre-Mer n’est assimilable à aucune autre en France : elle enveloppe justement tous les territoires de la République, autres que la France. Mieux, c’est une circonscription à 3 dimensions et à bulletin unique où le candidat de la liste arrivée en tête n’est pas du tout sûr d’être élu ! Inutile de vous dire que cette usine à gaz est une invention sortie des hautes sphères parisiennes, là où on a tendance à penser pour NOUS.

Cette circonscription planétaire est un véritable non sens. La précédente formule était également caricaturale, car, au final, elle conduisait à la victoire de 3 têtes de listes, tous Réunionnais qui, durant 5 ans, étaient sensées défendre les intérêts de populations disséminées sur 3 océans. Ce fut possible car le nombre d’exprimés le jour du vote est, à La Réunion, largement supérieur à celui des autres territoires. Que nos touristes politiques causent de tout sauf de ce non-sens et de ses conséquences suffit largement pour les disqualifier.

Cependant, ce qui fait contre sens, c’est le discours de Réunionnais qui prétendent qu’un Député issu des rangs d’un « grand parti » est plus efficace en Europe. On a bien compris que l’attaque vise le PCR. Pourtant, ils parlent tous des RUP et des POSEI en omettant de signaler que ces acquis ont été principalement l’oeuvre de Paul Vergès, dirigeant du PCR. Lors du référendum pour l’approbation de la Constitution Européenne, en 2005, les 3 plus grands partis militaient pour le OUI. Ils ont tous été battus. A cette époque, des responsables Réunionnais avaient argumenté qu’il ne « fallait pas donner coup de pieds dans son z’assiette manger ». Le PCR était du côté des vainqueurs. Il était du côté du peuple. Les « grands partis » étaient, eux, à contre sens de la marche de l’histoire.

Voilà pourquoi il faut continuer à donner du sens aux prochaines élections de dimanche : il faut voter avec le bulletin de la liste Union des Outre-Mers, conduite par Younous Omarjee.

J.B.


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