Edito

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis

Geoffroy Géraud-Legros / 15 octobre 2010

1963 : cette année-là, sur ordre d’un représentant de l’État bien plus gouverneur que préfet, un Conseil général prenait une décision accablante pour l’avenir de La Réunion : la suppression, après 82 années de fonctionnement, du chemin de fer inauguré en 1882.
Fondement de cet acte de destruction : l’idéologie. Aux yeux des forces qui, à Paris et à La Réunion, orchestraient la fraude électorale et la répression coloniale, le chemin de fer apparaissait avant tout comme un nid de syndicalistes et de communistes. Pour déraciner la révolte ancrée dans la population, le pouvoir arrachait les rails qui faisaient vivre les travailleurs les plus mobilisés.
1963 : c’était la guerre froide. Le sort de l’Humanité semblait alors suspendu à l’affrontement entre le bloc de l’Ouest et le monde socialiste. Moins d’une année auparavant, la crise des missiles de Cuba avait mis la planète au bord de la destruction. Un contexte utilisé par les réactionnaires d’alors — de droite comme de « gauche » — pour stigmatiser et diaboliser le PCR, accusé à longueur de colonnes et de vociférations d’être le « parti de l’étranger ».

2010 : presque 50 ans plus tard, on pourrait croire que, l’eau ayant coulé sous les ponts, les termes et les enjeux des rapports de force s’étaient transformés. Le clivage Est-Ouest n’ordonne plus le monde. À La Réunion, les « rouges » ont accédé aux responsabilités. Au lieu des Goulags attendus, ils ont construit des lycées et des routes. L’Alliance a été formée. Les oppositions "dures" d’hier se sont diluées. Invoquer le spectre du communisme, cet épouvantail dont se moquait déjà Karl Marx en 1847, a donc moins de sens que jamais.
Sauf, semble-t-il, aux yeux de la bande d’irréductibles réacs qu’une triangulaire désastreuse a portée à la tête de la Région au mois de mars dernier. Comme leurs aînés, les représentants de l’UMP réunionnaise ont acté hier avec le tandem — réac — François Fillon-Brice Hortefeux , le remplacement du tram-train par des bus qui, paraît-il, seront 2.000. Ils ont ainsi délibérément refusé à la population le bénéfice d’un moyen de transport écologique, attractif et moderne. Ils l’ont bloquée à l’ère des bus polluants, dont le destin est de finir dans la “koljak” des embouteillages.

Pourquoi ? Parce que comme dans le bon vieux temps de la guerre froide et de la chasse aux sorcières, ils ne peuvent imaginer de laisser faire et de laisser vivre un projet porté par leurs compétiteurs, qu’ils n’ont finalement jamais cessé de considérer en ennemis. Politiquement, cela s’appelle du sectarisme. Au regard du bon sens, c’est un symptôme d’imbécillité. Et c’est bien connu, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

G.G.-L.



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Messages






  • Quand Didier Robert, à force d’arrêter tout sur son passage, finira par être abandonné, il m’est permis de penser à une solution par des bus volants sur une route 2x2 ou 3 voies.
    Pour illustrer mes propos voici deux sites où on voit :
    - 1/ "Le pont de la baie d’Hangzhou" <http://www.paperblog.fr/3697978/le-...> cliquer sur la photo pour admirer le diaporama.
    - 2/ "Une ligne de "bus volant" enjambant deux voies de circulation" <www.lepost.fr/.../2175997_l-incroya...>

    Pour bénéficier de ces deux opportunités, il faudrait que notre gouvernement nous redonne cette première place au monde dans le domaine du photovoltaïque , plutôt que la laisser au Maroc, étant donné que ce "bus volant" est électrique, premièrement, et que deuxièmement ce mode de transport ne soit pas refusé en vertu des normes qui ne conviendraient pas à celles françaises ou européennes, puisqu’elles ne sont pour le moment uniquement chinoises.

    De Saint-Benoit à St-Pierre, on aurait besoin que de 50 bus volants qui constamment toutes les 1/2 heures transporteraient en commun les voyageurs , d’une part et de l’autre les automobilistes prendraient leurs véhicules, comme par le passé pour se déplacer.

    C’est grâce aux rêves que se crée la réalité.

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  • C’est clair que ça n’a pas trop évolué dans leur têtes.
    Vous me direz, ROBERT-FILLON-HORTEFEUX-COUAPEL, ça se passe de commentaire...

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  • Evidemment, une bande d’arriérés dans zot coco, comme la bande à Sarko qui se croit sous Vichy. Didier Robert lé pas mieux. Lé même pire.

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