Edito

SIB : le gouvernement et ses soutiens indifférents au sort de 33 Réunionnais ?

J.B. / 14 février 2014

François Hollande est en visite aux Etats-Unis. Après les cérémonies protocolaires à Washington, la visite de l’ancienne maison du francophile président Jefferson, le chef de l’État est parti dans l’Ouest afin de rencontrer les dirigeants des plusieurs géants de la nouvelle économie.
Pendant ce temps, des travailleurs sont obligés de lancer une action très difficile pour contrecarrer le projet de leur patron américain. 33 Réunionnais sont salariés de la Société industrielle de Bourbon. Leur usine fabrique des produits pour le compte d’une société basée aux Etats-Unis, Colgate Palmolive. Aujourd’hui, les représentants de Colgate-Palmolive doivent présenter le plan de cessation d’activité. Les actionnaires US ne veulent plus produire à La Réunion, ils préfèrent fabriquer en France et importer dans notre île ce qui est aujourd’hui le résultat du travail de 33 Réunionnais.

Une fois de plus, des travailleurs paient cher la disparition du patrimoine économique réunionnais, qui devient quasiment exclusivement la propriété de groupe extérieurs. C’est ce qu’ont dénoncé les salariés de Citroën-Réunion lors de la plus longue grève de l’année. Ils ont en effet constaté que le rachat d’une société réunionnaise par un groupe extérieur a entrainé une évolution défavorable de leurs conditions de travail.
Pour la SIB, la vente à Colgate-Palmolive a amené à cette situation. Pour ce groupe multinational, l’emploi à La Réunion n’est pas une priorité. Alors que notre île n’a jamais eu autant de chômeurs, il n’hésite pas à décider de fermer un outil de travail. Les seules alternatives proposées aux travailleurs sont des reclassements dans l’usine de Compiègne en France, ou alors en Inde.

Interpellé par une députée, le gouvernement a dit qu’il allait agir. Manifestement, rien n’a été fait. Qu’attend donc cette parlementaire pour relancer le gouvernement ? Pourquoi la question de la SIB n’était-elle pas à l’ordre du jour des venues à Saint-Paul de François Lamy ou de Marisol Touraine ? Et pourquoi donc n’avoir pas interpellé François Hollande sur le sort des travailleurs de la SIB avant son départ aux Etats-Unis ?
Depuis hier, les travailleurs ont décidé de camper devant la SIB dans la zone industrielle du Port. Ils estiment qu’ils sont abandonnés et donc qu’ils ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes pour arracher la victoire. Le prochain ministre de passage montrera-t-il la même indifférence que les autres ?

 J.B. 


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