Edito

Situations de détresse : qui doit payer ?

J.B. / 23 mai 2013


Dans l’édito d’hier, nous avons souligné, combien est grande la responsabilité des patrons de la SERMAT dans une grève qui a duré 19 jours. Cette stratégie a eu des effets sur toute l’activité de La Réunion. En effet, depuis plus de 60 ans, la politique d’intégration à la France a vu des pans entiers de notre économie s’effondrer, ou passer sous la coupe de groupes extérieurs. Conséquence : La Réunion dépend largement des importations pour sa vie quotidienne, et aujourd’hui, même l’autosuffisance alimentaire est encore loin.

Pour diminuer les frais de stockage et aussi parce que le foncier manque, les entreprises tentent d’aller au maximum vers le travail en flux tendu. Il a suffi de quelques jours de grève pour qu’aussitôt ce soit la panique. Des entreprises ont connu une brutale baisse de leur activité. Certaines ont eu recours au chômage technique. Habituellement, l’État prend en charge au maximum 4,84 euros par heure non travaillée, l’entreprise devant payer au minimum 2 euros pour arriver au SMIC. Mais, nous apprend "le Quotidien" d’hier, pour les sociétés touchées par des difficultés d’approvisionnement liées à ce conflit, l’État s’apprête à signer une convention avec la CCI pour porter sa quote-part à 6,44 euros, celle de l’entreprise diminuant à 0,76 euro. Autrement dit, le contribuable va payer.

Si l’État prend cette décision, alors cela veut dire qu’il doit être impartial devant la détresse d’où qu’elle vienne. Chaque année, des milliers de tentatives de suicide ont lieu à La Réunion, dont sept uniquement le week-end dernier. Ces gestes expriment la profonde détresse de personnes.

L’État gagnerait donc à accorder plus de considération aux victimes de ces actes.

Si personne aujourd’hui ne conteste que l’État vienne au secours des entreprises en détresse, alors il est normal qu’il prenne également pleinement en compte la détresse des personnes.

J.B.


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