Edito

Social, environnement et reconnaissance du peuple réunionnais : la lutte continue

J.B. / 13 novembre 2017

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Syndicalistes manifestant pour la protection de l’environnement.

Voici un an disparaissait Paul Vergès, et comme l’a rappelé Elie Hoarau, il était du devoir du Parti communiste réunionnais d’organiser un hommage à son dirigeant disparu. Le 15 novembre 2016, lors des obsèques de Paul Vergès, le PCR avait renouvelé son engagement à poursuivre ses combats.

Ils restent plus que jamais d’actualité. La Réunion n’a jamais connu un nombre aussi important de chômeurs. C’est la conséquence d’un système en place qui prospère sur la pauvreté, car l’urgence sociale est source de corruption. De quelle démocratie peut-on en effet parler quand près de la moitié des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté ? Ils ont d’ailleurs affiché clairement leur avis sur un système qui les abandonne. Seulement 25 % des électeurs ont en effet décidé d’aller systématiquement voter cette année, alors que le calendrier électoral comportait la présidentielle et les législatives. Le programme du PCR vise à s’attaquer à répondre à l’urgence sociale en responsabilisant les victimes, grâce à la création de deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne gérés notamment par les représentants des chômeurs et les syndicats. S’attaquer aux causes, c’est changer de système en donnant le pouvoir aux Réunionnais de décider ce qui est bon pour eux. C’est le mot d’ordre de responsabilité, qui propose une réforme administrative avec la création d’une collectivité territoriale unique, dotée de larges compétences.

Ce combat pour changer de système se passe aussi à l’échelle du monde. Paul Vergès a combattu pour que la lutte contre le changement climatique soit une priorité. Car cela suppose de remettre en cause les modes de production et de consommation qui sont à la base construit sur l’exploitation des êtres humains et des richesses de la nature. À chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens, tel est un des objectifs du communisme, et les faits montrent là aussi combien cette idéologie reste d’actualité. Car c’est dans la marche vers une société communiste que réside la sortie de la crise environnementale provoquée par le capitalisme.

Par ailleurs, le 11 novembre a souligné un acquis de la lutte des communistes, sur la base du respect de l’identité réunionnaise qui est le principal apport de Paul Vergès à notre pays. Ce jour-là, une cérémonie officielle a rendu hommage aux ancêtres des Réunionnais arrivés dans notre île sous le régime de l’engagisme. À une autre époque, le 11 novembre n’avait qu’une seule signification : l’armistice mettant fin aux hostilités entre la France et l’Empire allemand le 11 novembre 1918. Le mérite des communistes a été de faire prendre conscience aux Réunionnais qu’ils ont leur histoire, qui a son propre calendrier de commémoration. Sans diminuer l’impact de la célébration de la fin d’une guerre lointaine dans laquelle fut entraînée La Réunion en tant que colonie, le combat des communistes pour le respect des Réunionnais a enrichi le 11 novembre d’une autre commémoration, propre à un peuple, qu’aujourd’hui il ne viendrait à l’idée de personne de contester. C’est aussi cela un des combats de Paul Vergès que les communistes se sont engagés à poursuivre.

J.B.