Edito

Solidarité de classe contre le changement

J.B. / 26 avril 2012

Deux débats politiques hier sur Réunion Première, 40 minutes de prise de parole sur l’élection présidentielle et tout aussi incroyable que cela paraisse, le PCR n’a jamais été cité. À croire que pour deux élus, le représentant d’un institut de sondage, un universitaire et les journalistes présents hier, il n’y a pas de Parti communiste réunionnais à La Réunion.

Que le rédacteur en chef du "Journal de l’île de La Réunion" se refuse à évoquer le rôle majeur du PCR dans le résultat du premier tour passe encore, chacun connaît l’engagement politique de ce journal. Le "JIR" a été le seul média du pays à passer sous silence les annonces faites par François Hollande lors de sa visite à Saint-Louis. Les lecteurs du "JIR" n’ont donc pas pu savoir que le candidat a affirmé son soutien à l’autonomie énergétique, au tram-train, aux deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne, ou à la priorité à l’emploi des Réunionnais. Si les lecteurs du "JIR" n’avaient comme source d’informations que ce journal, ils ne pourraient donc pas connaître que François Hollande a signé un contrat avec le PCR qui défend les intérêts de la population. Il leur manquerait donc un élément essentiel de l’explication du score de François Hollande dimanche dernier.

Mais que d’autres observateurs se prêtent à une pareille omission interpelle, et nous renvoie à un phénomène qui s’affirme. Les sénatoriales et les élections à Sainte-Suzanne ont fait ressortir une solidarité de classe liant des groupes qui n’ont aucun intérêt au changement. Cette solidarité de classe se manifeste notamment par des convergences entre des responsables politiques a priori sur des cases différentes de l’échiquier politique, et des médias. Les acteurs de cette solidarité de classe n’ont aucun intérêt à voir progresser les idées de la principale force du changement dans notre pays, c’est-à-dire le Parti communiste réunionnais.
Il y eut à Sainte-Suzanne une campagne de presse contre le PCR, où ceux qui utilisaient leur position de pouvoir contre le Parti qui les a fait élire, étaient présentés comme les modernes. Ceux qui se liguaient contre le PCR, refusaient de tenir leur parole et s’accrochaient désespérément à leurs sièges étaient montrés à l’opinion comme des victimes de "caciques" d’un "canal historique". Le peuple a donné son verdict. Il a participé massivement à l’élection et il a donné raison au PCR.

Trois mois après l’élection de Sainte-Suzanne, c’est la présidentielle. Le PCR décide de s’engager résolument dans la campagne de François Hollande parce que le candidat a décidé de s’engager sur un contrat de développement. Le PCR multiplie les meetings, distribue des centaines de milliers de tracts. Tout ce travail permet à François Hollande d’obtenir la majorité absolue dès le premier tour. Vient alors une émission de 40 minutes sur la présidentielle et jamais le mot "PCR" n’est prononcé !
Qui peut croire que pendant 40 minutes, des observateurs professionnels de la vie politique réunionnaise puissent oublier l’existence du parti qui a contribué à faire de François Hollande un candidat à la présidentielle, puis à lui permettre d’atteindre la majorité absolue dans notre pays au premier tour ? C’est bien un acte de solidarité de classe contre le changement.

 J.B. 


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