Edito

Sortir de l’attitude d’enfants gâtés

LB / 6 mai 2010

Hier "Témoignages" s’est fait l’écho de la sonnette d’alarme tirée la veille sur la BBC par l’économiste américain Joseph Stiglitz sur la gravité de la crise financière en Europe provoquée par les sur-profits des spéculateurs. Ceux-ci continueront à « s’en donner à cœur-joie » tant que les dirigeants de l’Union Européenne ne s’attaqueront pas aux causes structurelles de cette crise, qui risque d’aboutir à la fin de l’euro.
Mardi soir, dans l’émission "Complément d’enquête" diffusée par Tempo, les avantages dont profitent les plus riches ont également été évoqués, sur le thème : “Riches, fonctionnaires, ministres : la fin des privilèges ?”. Et un autre expert, Jacques Attali, a exprimé ses plus vives inquiétudes sur les effets du système économique injuste qui domine le monde.

Pour Jacques Attali, « il faut bien comprendre ce qui se joue là. Une véritable dépression mondiale est devant nous. Non par les nécessités de l’économie. Mais par la lenteur, la myopie, l’égoïsme de ceux qui conduisent le monde en ces moments difficiles. Les victimes seront d’abord les Européens, parce qu’ils sont divisés, parce qu’ils ne réalisent pas l’urgence. Puis viendra le tour des Américains, parce qu’ils sont cigales. Puis le reste du monde suivra, parce que nul ne pourrait survivre à la faillite de la moitié la plus riche du monde ».
Pour mettre fin à cette crise, il estime qu’il est « temps d’agir sur l’essentiel, c’est-à-dire le désordre des dépenses publiques, l’absence de coordination fiscale et de réglementation bancaire ». Il conclut : « Si les dirigeants européens n’agissent pas en ce sens au plus vite, ils seront emportés par l’avalanche. Et nous, pour un moment, avec eux ».

Lorsqu’on lit de tels propos, on pense aux appels à la prise de conscience de ces problèmes et à la responsabilité lancés par Paul Vergès lors de l’élection du nouveau président de Région. Et l’on se souvient des conseils d’anticipation sur l’avenir qu’il a donnés à Didier Robert lors de la passation de pouvoir.
Or, celui-ci ajoute une politique de démolition de projets réunionnais à son soutien à la politique de casse sociale du gouvernement. Il est temps de sortir de l’attitude d’enfants gâtés.

L. B.


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