Edito

Sortons les sortants

J.B. / 4 juin 2012

Il reste 6 jours pour que les vœux de la population soient exaucés.
Jamais notre pays n’a connu une telle crise. Le nombre de demandeurs d’emploi est supérieur à 153.000 depuis déjà plusieurs mois, il manque toujours plus de 20.000 logements sociaux, la dictature des monopoles avec la complicité de l’ancien gouvernement a provoqué une révolte populaire sévèrement réprimée. Les 22 avril et 6 mai derniers, la population s’est exprimée largement en faveur du changement. C’était la première fois à une présidentielle qu’un sortant obtenait un score aussi faible : à peine 18% au second tour.

Ce score raisonne comme le plus grand des avertissements à tous les sortants qui briguent les suffrages des électeurs. Cela vise non seulement les candidats présentés par le parti de l’ancien président de la République, mais aussi les autres. Car pendant ces cinq années, quel a été le bilan de ces cinq opposants réunionnais à Sarkozy mis à part un empilement de discours et de questions posées à la télévision à la tribune de l’Assemblée nationale ?
Des parlementaires réunionnais ont pourtant démontré dans le passé que même sans être dans la majorité, il est possible de faire avancer la cause de notre pays en obtenant l’unanimité de tous pour une juste cause. Cela a été le cas quand le Parlement européen a décidé de reconnaître nos spécificités dans le Marché commun à l’initiative de Paul Vergès. Cette reconnaissance permet aujourd’hui à la filière canne et à ce qui reste de notre industrie de survivre. Et pourtant, quand le Parlement européen a envoyé sa première mission à La Réunion, Paul Vergès ne faisait pas partie du groupe majoritaire.

Quand en 2010, l’UMP arrive à la Région et décide de stopper le tram-train, aucun député de La Réunion n’est venu au secours des milliers d’emplois promis aux Réunionnais que Didier Robert a décidé de supprimer avec la complicité de Sarkozy. Le tram-train n’est pourtant pas seulement le projet de la Région, c’est aussi celui de l’État. Mais quand ils étaient à Paris, les députés de La Réunion n’ont pas fait le nécessaire pour rappeler au gouvernement que l’on ne peut impunément remettre en cause les engagements de l’État. Il n’y eut même pas la moindre menace de démission pour protester contre ce crime perpétré contre les travailleurs de notre pays.

Alors, quand ces sortants reviennent devant les électeurs pour demander un bail de 5 ans de plus à l’Assemblée nationale, il est clair qu’ils sentent face à eux se lever le vent du changement.
Car les Réunionnais ont besoin de députés qui sont en phase avec leurs préoccupations et qui considèrent ce mandat comme un moyen pour agir pour La Réunion, pas comme un bien personnel ou un aboutissement.

J.B.


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