Edito

Soyons sérieux, M. Eric Ferrère

Geoffroy Géraud-Legros / 10 janvier 2011

Les cantonales approchent, et cela se sent. Vendredi dernier, aux Avirons, l’opposition a pris le prétexte d’une révision du Plan local d’urbanisme (PLU), voté le 15 novembre dernier par l’Assemblée municipale, pour attaquer le maire et entamer une campagne de dénigrement dans les médias.
La modification demandée par la majorité avait pour but de répondre à l’augmentation de la population de la commune, l’une des plus élevées de l’île selon une enquête récemment rendue publique. Le procédé utilisé est particulièrement tortueux : selon l’opposition, qui prend à témoin les services de l’Etat, le PLU voté par l’équipe en place n’est lui-même pas exécutoire.

L’argument avancé ne convaincrait pas un enfant : selon M. Eric Ferrère, porte-parole de l’opposition soutenu par Didier Robert, la sous-préfecture n’aurait pas été en mesure de faire valoir ses observations dans le délai imparti par la loi, soit un mois après le vote du PLU par le Conseil municipal.
De fait, le Maire Michel Dennemont a bien reçu un courrier après cette date butoir, courrier qu’il considère à bon droit comme irrecevable, car hors délai.
Oui, mais, rétorque M. Ferrère, le premier magistrat des Avirons aurait « fermé la mairie » le 15, dernier jour pouvant être pris en compte dans le délai, et ce pour empêcher le courrier d’être reçu. Ainsi, si l’on suit la logique de l’opposition, les services de l’Etat se composent d’agents particulièrement inconséquents, qui attendent le dernier jour pour notifier d’importantes observations administratives à l’exécutif municipal d’une commune de plus de 10.000 habitants.
Mieux : si l’on pousse le raisonnement à son terme, les fonctionnaires ont fourni à Michel Dennemont l’agenda de leur incurie : car enfin, pour pouvoir « fermer la mairie », il fallait bien que ce dernier ait été informé de l’envoi en catastrophe du courrier tant redouté. Soyons sérieux, a-t-on envie de rétorquer à Eric Ferrère. Cette démonstration bancale a tout du bricolage de dernier instant, destiné à justifier le mélodrame politicien du groupe d’opposition, qui a quitté la salle du conseil en une protestation de pacotille.

Le plan "com’" est grodwa comme ça n’est pas permis. L’argutie est une insulte à l’intelligence des administrés et des électeurs. Mais de manière plus profonde, cet évènement n’est malheureusement qu’une nouvelle manifestation du comportement de certains acteurs politiques, qui, faute de propositions et de projets, prennent le développement et les besoins des Réunionnais en otage.
La Rocade du Tampon, la géothermie en ont déjà fait les frais ; en 9 mois de pouvoir, l’UMP sarkoziste qui occupe l’hôtel de Région n’a pour l’instant appliqué qu’un programme négatif. Une tendance que les Réunionnais peuvent enrayer en mars prochain, par un vaste vote anti-casseur.

G.G.-L.


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