Edito

Stop au gâchis de la jeunesse

Manuel Marchal / 13 août 2010

Publié par l’Organisation internationale du travail (OIT), un rapport tire la sonnette d’alarme. 81 millions de jeunes étaient sans emploi à la fin 2009, soit un taux de chômage de 13%, en hausse de 1 point sur un an. Le document de l’OIT met en garde contre “le risque d’une "génération perdue", constituée de jeunes gens qui sont totalement détachés du marché du travail et ont perdu tout espoir de pouvoir travailler pour gagner décemment leur vie”. Selon l’OIT, les causes de cette aggravation de la situation, 7,8 millions de jeunes chômeurs en plus, se situent dans la crise économique mondiale.

Dans notre île, le taux de chômage a également augmenté chez les jeunes l’an passé. Le nombre des jeunes réunionnais inscrit au Pôle emploi a augmenté de 22% en 2009, et le taux de chômage des moins de 25 ans atteignait en décembre dernier 51,1%, soit quatre fois la moyenne mondiale observée par l’OIT. Et outre la situation de désespoir dans laquelle s’enfonce toute une génération selon l’OIT, Juan Somariva, directeur général de l’organisation, précise que « les jeunes sont les moteurs du développement économique. Renoncer à ce potentiel est un gâchis économique et peut peser sur la stabilité sociale ».
La cote d’alerte est donc largement dépassée dans notre pays, puisque le chômage de masse touche les jeunes depuis des décennies.

L’analyse de l’OIT va dans le sens de tous ceux qui luttent pour le progrès du pays. C’est en effet la jeunesse réunionnaise qui est le principal atout de notre île. Cela signifie donc que la principale préoccupation doit être de créer les conditions pour que tous les jeunes Réunionnais puissent pleinement mettre leurs capacités au service du développement de leur pays. C’est ce que prévoit le plan de développement réunionnais validé en 2007 par tous les candidats à la présidentielle.
Or l’an dernier, c’est justement la jeunesse qui a payé un lourd tribut aux décisions politiques qui ont provoqué la crise. Ainsi, si un travailleur sur cinq a été jeté au chômage dans le BTP, cette proportion a atteint un sur trois chez les jeunes. Voilà ce qui contribue à l’instabilité sociale, et ce ne sont pas des ordinateurs et des aides sociales distribués à quelques milliers d’exemplaires qui compenseront ce que l’Organisation mondiale du travail appelle « un gâchis économique ».

M.M.


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