Edito

Suisse : le coup de tonnerre

Témoignages.re / 11 février 2014

Dimanche, les Suisses étaient appelés à se prononcer par référendum sur une nouvelle loi plus restrictive en matière d’immigration. La Suisse est un pays prospère, entouré par une Union européenne en pleine crise. A la surprise des dirigeants européens, le "oui" l’a emporté en Suisse avec un score de 50,3%, soit une avance de 20.000 voix sur 3 millions de votants.

L’application de cette loi concernera tous les immigrants, y compris les ressortissants de l’Union européenne. En France, chaque jour des dizaines de milliers de travailleurs franchissent la frontière pour prendre leur poste en Suisse, là où les salaires sont bien plus élevés qu’en France. De plus, la Suisse est un pays où le taux de chômage est beaucoup moins important qu’en France, le recours à l’immigration pour faire tourner l’économie est donc très important. Commentant le résultat, le "Berliner Zeitung" rappelle que 23% des habitants de la Suisse ne sont pas des ressortissants de ce pays.
Les partis d’extrême droite se réjouissent de ce résultat. C’est la manifestation concrète de toute la campagne contre l’immigration menée sur fond de crise économique en Europe.

Totalement pris de court, les dirigeants des Etats de l’Union européenne brandissent la menace de sanctions. Le vote de la Suisse remet en cause un des piliers de l’Union européenne : la libre circulation des travailleurs. Parmi les conséquences possibles du résultat du référendum figure la remise en cause de tous les accords bilatéraux signés entre l’Union européenne et la Suisse.
A quelques mois des élections européennes, c’est une crise majeure qui est en train de se dessiner.

Pour tous les partis populistes, c’est un coup d’accélérateur. A 4 mois du scrutin, ils voient un pays voter pour un de leurs principaux arguments de campagne. Or, la situation économique de la Suisse n’est pas aussi grave que celle de la France, de l’Espagne, de la Grèce ou des pays d’Europe de l’Est.
Le vote en Suisse est un coup de tonnerre, car il fait craindre que dans 4 mois, l’extrême droite fasse un score très inquiétant aux prochaines élections européennes. Les démocrates arriveront-ils à écarter cette menace ?

J.B.


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