Edito

Train à La Réunion : la responsabilité de la coalition Bello-PS-Didier Robert dans le temps perdu par les Réunionnais

J.B. / 23 juillet 2016

Le Quotidien d’hier a consacré une page à deux projets de transport collectif par chemin de fer. Il s’agit du tramway du Territoire de la Côte Ouest et du monorail promis par la Région. Force est de constater que parmi les partisans de ces modes de transport figurent des opposants résolus au train qui était prévu pour La Réunion. Rappelons qu’avant 2010, le chantier d’un réseau ferré avait été lancé à l’initiative de Paul Vergès, alors président de la Région. Si ce tram-train n’est pas aujourd’hui en service, c’est à cause d’une coalition Bello-PS-Didier Robert qui avait pour but de battre l’Alliance, la liste des forces de progrès arrivée en tête au premier tour des élections régionales de 2010. Ce chantier avait commencé car plusieurs ouvrages d’art et autres constructions avaient été construits en intégrant l’emprise de la future voie ferrée. Il y avait notamment dans l’Ouest le pont de l’axe mixte entre Le Port et Saint-Paul, les bâtiments Florés et Malacca séparé par un espace destiné à accueillir le chemin de fer au Port. Dans le Nord, le pont reliant le Boulevard Sud à l’aéroport de Gillot comprenait dans sa partie aval le site propre pour implanter deux voies ferrées. Rappelons qu’après son arrivée au pouvoir à la Région, Didier Robert a cassé l’emprise TCSP du pont de la rivière des Pluies en faisant combler la moitié de la superficie réservée au rail par un trottoir gazonné.

La promesse du monorail ne manque pas de faire sourire. Un monorail n’est pas l’armature principale d’un réseau de transports collectifs, et cela dans aucun pays du monde du fait de capacités insuffisantes. De plus, la particularité du monorail est d’être le mode de transport ferré qui n’embarque pas de marchandises. Autrement dit, c’est la seule solution qui ne risque pas de faire de l’ombre aux profits des patrons transporteurs qui soutiennent Didier Robert. Le monorail est donc une nouvelle opération de communication au même titre que la route en mer, dite nouvelle route du littoral ou NRL. La route en mer est un projet lancé sans que les matériaux nécessaires à son achèvement n’aient été prévus. Quant au financement, personne ne peut certifier le coût final si jamais cette route était réalisée, compte-tenu de l’originalité de l’infrastructure en plein océan Indien. De plus, l’élévation du niveau de la mer interroge sur la pertinence d’investir plusieurs milliards d’euros dans une route condamnée par le changement climatique.

Au-delà du projet de la Région, les informations publiées hier donnent une idée du temps perdu pour les Réunionnais à cause de la coalition Bello-PS-Didier Robert qui a placé à la direction de la Région Réunion un dirigeant, qui n’a pas hésité à casser le tram-train et les milliers d’emplois durables alors assurés aux Réunionnais. Nous sommes en 2016, et nous sommes également revenus à l’année zéro en termes de réalisation d’un réseau ferré. Il faut tout refaire : choix d’un tracé, du type de liaison (train avec quelques arrêts ou tram-train desservant les centres-villes), enquêtes publiques, déclaration d’utilité publique, recherche d’un financement, d’un exploitant… Tout cela était fait avant 2010, et les conditions financières étaient bien plus favorables pour La Réunion. En effet, la Région Réunion ne s’était pas engagée dans le gouffre financier d’une hypothétique route en mer dont l’utilité dépendra d’un boulevard Nord à Saint-Denis, autre chantier pharaonique au coût et au financement inconnus.

Alors, si la volonté des responsables politiques cités dans cet article est de réellement reconstruire un chemin de fer, autant qu’ils s’accordent pour remettre en place le tram-train lancé par Paul Vergès plutôt que de monter une nouvelle diversion appelée monorail. D’ailleurs, toutes les communes concernées par le tracé du tram-train avaient donné leur accord, ce qui montre bien que c’est une base de rassemblement.

J.B.


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