Edito

Tunisie : le symbole du Printemps arabe frappé par l’État islamique

J.B. / 20 mars 2015

Le Premier ministre a annoncé hier un bilan de l’attaque du musée du Bardo à Tunis. Il a compté 21 victimes, 19 touristes et 2 policiers tunisiens. Les 2 responsables de l’attaque sont morts lors de l’assaut des policiers. Cela fait donc un total de 23 victimes. Jamais la Tunisie n’a connu un attentat aussi grave. C’est un symbole.

C’est de Tunisie qu’était parti le Printemps arabe, fin 2010. Le gouvernement en place allait être le premier à tomber. Ce fut ensuite le tour de celui d’Égypte. Cernée de toute part, la Libye allait voir se déclencher une guerre civile. L’implication de l’OTAN favorisa un changement de régime et le basculement du pays dans l’instabilité totale. Le Printemps arabe s’est aussi déployé au Moyen-Orient. Il a servi de déclencheur à une autre guerre civile en Syrie.
4 ans plus tard, la situation est la suivante. En Syrie, les États-Unis sont en train d’envisager de revoir leur attitude vis-à-vis du gouvernement. Washington et Damas ont en effet un adversaire commun : l’État islamique.
En Egypte, les militaires ont repris le pouvoir comme au temps de Moubarak. Sortis de la clandestinité pour devenir la première force politique du pays, les Frères musulmans ont de nouveau été la cible de la répression. Plusieurs centaines d’entre eux ont été condamnés à mort.
En Libye, c’est la décomposition du pays avec des conséquences dans tout le Sahel. L’État islamique y a montré sa présence en rappelant que s’implantant en Libye, il était désormais au Sud de Rome, à portée de l’Union européenne.

La Tunisie est alors vue comme le seul pays qui a réussi une transition démocratique pacifique à la suite du Printemps arabe. La population a pu voter à des élections. Elle n’a pas eu à subir un coup d’État visant à remettre au pouvoir les vaincus du Printemps arabe.
Mais cette image a pris un coup dimanche, avec l’attentat du musée du Bardo. C’est le coeur du pays qui a été touché, car ce bâtiment se situe près du Parlement. C’est aussi le monde qui était visé : selon les informations diffusées aux médias, les terroristes visaient principalement les étrangers.
C’est un violent rappel de la situation de la Tunisie. Elle partage une frontière avec la Libye, un des pays les instables du monde qui est devenu une base de l’État islamique. Ce dernier a d’ailleurs revendiqué l’attaque de dimanche. C’est le symbole du Printemps arabe que l’État islamique a frappé.


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