Edito

Un 1er anniversaire sous tension face à l’avenir

J.B. / 7 février 2013

La Réunion est un pays où l’on fête beaucoup les anniversaires. A la radio, dans les grandes surfaces, dans les familles, entre amies et amis, tout sert de prétexte aux anniversaires. Les luttes sociales sont en train de prendre le même chemin. Les actions sporadiques des jeunes préparent-elles le premier anniversaire des manifestations sociales du 22 février 2012.

"Témoignages" avait dit que 2013 allait être une année de lutte. Les actions sporadiques de ces derniers jours mettent en scène des jeunes chômeurs qui réclament du travail. Ils entendent « 5.000 contrats d’avenir ». Pour un chômeur le chiffre de 5.000 est impressionnant et en plus on parle d’un contrat pour « l’avenir ». Des jeunes ont peur de passer à côté des recrutements, alors ils passent à l’action. Les modes opératoires, simples et rustiques, montrent que ce sont des gestes de désespoir. Ils n’ont plus confiance en personne.

Il s’est trouvé des individus, souvent organisés sur les radios, pour les traiter de tous les noms. Quelle erreur, car cela soulève l’indignation des manifestants. Le pire c’est quand une auditrice déclare « mi gaigne pu passé pour aller travail »  ! Elle s’adresse à des gens qui sont sans travail depuis des années et qui n’ont qu’un seul espoir : avoir un ti contrat. Voilà leur seul horizon. Qui aurait l’outrecuidance de leur faire la morale ? On serait tenté de détourner le slogan des personnes handicapées :  « si tu n’es pas content, prend ma situation de chômeuse ! »

Or, il y a 28.000 jeunes âgés de moins de 25 ans qui sont au chômage. Qu’est ce qu’on leur propose ? Quelques contrats pour certains, rien pour 80% d’entre eux. Dans ce contexte social tendu, la frustration est grande. Les manifestations d’il y a un an avaient précipité la chute de Sarkozy et préparé l’éclatante victoire de François Hollande. Le slogan « le changement, c’est maintenant » avait séduit et soulevé des espoirs. Quelques mois plus tard, c’est la déception chez les chômeurs. Jeunes ou vieux, leur situation n’a pas changé d’un pouce.

J.B.


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