Edito

Un an déjà et la situation encore plus grave

J.B. / 17 juin 2013

La Réunion aime bien les anniversaires. Il y en a un qui ne passera pas inaperçu : l’élection de 7 députés pour représenter les électrices et les électeurs à l’Assemblée nationale. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces élus se sont occupés de tout sauf de La Réunion et des Réunionnais.

L’année dernière, La Réunion traversait une crise sans précédent. La pénurie d’emplois touchait 30% de la population active ; les jeunes étaient en colère, car non seulement il n’y a pas de boulot, mais en plus, 7 individus sur 10 âgés de moins de 25 ans et déjà sortis du cycle scolaire ne trouvaient pas d’emploi. La vie était trop chère. La pénurie de logements affectait la vie quotidienne de plus de 25.000 foyers et la cohabitation dans un espace restreint de plusieurs familles sous un même toit pose d’énormes problèmes ; les illettrés étaient résignés, car ils n’avaient aucun espoir de corriger leur handicap de la lecture et de l’écriture. L’économie était entrée en récession.

Depuis un an, la situation s’est terriblement dégradée. Aucun des 7 députés ne s’est occupé de tout cela.

Au bout d’un an, la situation de crise s’est détériorée. Il y a eu les émeutes de février dernier au Port et à Saint-Louis, et l’incendie d’une mairie annexe à La Rivière des Galets. Le RSTA a été supprimé et 40.000 travailleurs vont perdre près de 10% de leur revenu. Le coût de la vie est toujours aussi cher. De sérieuses menaces pèsent sur l’avenir de l’agriculture et sur le sort de la sur-rémunération dans la fonction publique. La pauvreté n’a pas baissé, bien au contraire. Les prélèvements sociaux ont augmenté et les moyens financiers du développement économique ne sont pas au rendez-vous. La défiscalisation bat de l’aile.

Pourtant, en pareille circonstance difficile, 2 députés élus en 1945 : Raymond Vergès et Léon de Lépervenche, avaient réussi à rompre avec le système qui produisait la misère coloniale. En 4 mois, ils ont travaillé et réussi à faire adopter la loi du 19 mars 1946 qui régit encore nos rapports institutionnels. Nous avons vu également comment nos deux députés Paul Vergès et Elie Hoarau ont démissionné de leur mandat pour protester contre la parité sociale et pour l’Egalité. Qu’aurait été la vie de nos compatriotes sans ces engagements déterminés en faveur de l’Egalité ? Rappelons que l’année dernière, le PCR avait proposé au gouvernement de l’époque un versement d’une prime de vie chère de 200 euros par personne et pour 4 mois, le temps que le nouveau gouvernement prépare avec les nouveaux députés et les autres acteurs un vrai programme. Ce modèle a échoué.

Depuis, aucune action sérieuse venant des députés n’a pu contraindre le gouvernement à respecter la parole du président de la République en terre réunionnaise.

J.B.


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