Edito

Un défi du siècle : l’égalité partout dans le monde pour lutter contre le changement climatique

J.B. / 3 décembre 2015

Le rapport d’Oxfam publié hier montre l’influence des inégalités sur le climat. La part des plus riches dans la pollution de la planète est sans comparaison avec celle des plus pauvres, or ces derniers sont les plus exposés aux effets du changement climatique.
Cela se voit à l’échelle de la planète, avec notamment les îles en première ligne, mais aussi à l’intérieur d’un pays. Des Réunionnais aux faibles revenus, condamnés à vivre dans les logements insalubres, sont beaucoup plus vulnérables que les riches qui peuvent se payer des maisons bien plus résistantes.

Oxfam est allé plus loin que l’observation. Les données publiées par l’ONG internationale montrent le lien très clair entre richesse et pollution. Les 10 % les plus riches du monde produisent 50 % du CO2 qui pollue l’atmosphère, tandis que la moitié de la population du monde n’en émet que 10 %. Ces proportions rappellent celles du partage des richesses à l’échelle du monde, et aussi à La Réunion.
Elles battent en brèche la thèse selon laquelle les pays en voie de développement, autrement dit les pauvres, seraient les principaux responsables aujourd’hui de l’aggravation du changement climatique. Oxfam souligne en effet que :

Une personne parmi les 10 % les plus riches en Inde n’émet en moyenne qu’un quart du CO2 émis par une personne de la moitié la plus pauvre de la population des États-Unis.

Un Américain parmi la moitié la plus pauvre de la population de son pays génère en moyenne vingt fois plus d’émissions que son pendant indien.

Le total des émissions générées par la moitié la plus pauvre de la population chinoise (soit près de 600 millions de personnes) ne représente qu’un tiers des émissions des 10 % les plus riches de la population américaine (quelque 30 millions de personnes).

Ce lien entre changement climatique et système économique a été d’ailleurs un des points forts d’une des très rares conférences de presse organisée par un chef d’État à la COP21. Evo Moralès, président de la Bolivie, a fustigé le système capitaliste responsable du changement climatique et destructeur de la planète. Cela replace une nouvelle fois la bataille pour l’égalité au cœur de tout. Car elle peut remettre en cause un système qui mène la planète à la catastrophe.


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