Edito

Un dépensier des deniers publics à l’œuvre

J.B. / 13 février 2012

Nous sommes à l’ère du Zapping. Les informations arrivent en masse et la mémoire se dilue dans ce tourbillon à une vitesse infernale. Tout au plus si on se rappelle encore des principales informations de la semaine dernière, pourtant essentielles si le citoyen veut exercer le contrôle démocratique à long terme.

Le président de la Région qui s’est emparé de la Direction de fait d’Air Austral a pris la décision d’accroître le déficit de la compagnie jusqu’à 30 millions d’euros. L’explication donnée par l’intéressé, c’est pour protéger l’emploi sinon on aurait eu affaire à un plan de licenciement. L’argument fait mouche en pleine période électorale. Le silence des acteurs économiques et des médias exprime le désarroi d’une élite réunionnaise en décadence.

Didier Robert est le plus grand démolisseur de chantiers. Depuis quand s’inquiète-t-il du sort des travailleurs ? Il soutient un gouvernement qui a déjà voté 2 plans d’austérité dont l’objectif est de réaliser 100 milliards de réduction de dépenses. Depuis quand s’est-il exprimé sur les conséquences sociales d’une telle politique ? Le leitmotiv de son ami Sarkozy, c’est de ne pas augmenter l’endettement de la France, y compris celui des entreprises et des Collectivités. Il l’a redit devant les responsables des Collectivités. Didier Robert fait exactement le contraire : il aggrave le déficit.

Dans le même temps, nous prenons connaissance des critiques de la Chambre régionale des Comptes sur sa gestion quand il était maire du Tampon. On découvre beaucoup de choses. Interrogé sur ces remarques, le personnage ne discute pas du bien-fondé des dépenses, il coupe court à toute discussion en déclarant, en substance : « j’assume tout » ! Passez, il n’y a plus rien à voir ! C’est facile, ce n’est pas lui qui paiera les conséquences de ses décisions controversées, mais les générations de contribuables.

C’est quelqu’un qui agit dans l’instant : peu lui importent les conséquences sur l’avenir. Il a attribué au patron du "JIR" 10% de plus que le prix des Domaines lors de l’achat de son terrain par la Région. Quand nous demandons les raisons d’une telle largesse, il porte plainte contre "Témoignages". Pourtant, que n’a-t-on pas dit sur les qualités de ce "jeune prodige politique et gestionnaire hors pair" ?

Le drame dans cette affaire, c’est le silence des biens pensants piégé par le modèle monstrueux qu’ils ont inventé : un dépensier des deniers publics.

J.B.


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