Edito

Un parti et un parlementaire avec les travailleurs

J.B. / 3 avril 2013

Hier soir a eu lieu au Sénat le débat sur la prolongation de la prime COSPAR. Le Sénateur Paul Vergès a déposé, le 1er mars, une proposition de loi. Une dizaine de jours plus tard, une seconde proposition a été déposée. Le gouvernement s’est saisi des 2 textes et en a fait un troisième qui sera débattu en procédure accélérée.

Il y a en effet urgence.

La prime COSPAR est un complément de revenu obtenu par la lutte des travailleurs, en 2009. A cette époque, durant plusieurs jours, la population réunionnaise a manifesté pour protester contre la baisse constante de leur pouvoir d’achat. Sous l’égide du Collectif des Organisations Syndicales Politiques et Associatives de La Réunion (COSPAR), les Réunionnais avaient obtenu un gel des loyers, une baisse du prix du gaz, une révision des tarifs bancaires et une augmentation des bas salaires (jusqu’à 1,4 SMIC). Ce fut une lutte exemplaire et unitaire qui a permis à plus de 60.000 travailleurs de bénéficier d’un "bonus" pendant 3 ans, exonéré de charges pour l’employeur. Pour sa part, le PCR était très actif, tant au niveau du Collectif que du côté de la Région, dirigée par Paul Vergès et les élus de l’Alliance.

A l’approche de la troisième année, le sénateur Paul Vergès a déposé, en novembre 2011, un amendement au projet de loi de Finances 2012 pour la prise en charge par l’Etat des exonérations pendant 3 années supplémentaires, c’est-à-dire 2015. C’était tout à fait légitime, car la crise a rogné le pouvoir d’achat des bénéficiaires. Le gouvernement UMP a rejeté cette proposition de bon sens et n’a accordé qu’un sursis d’un an, jusqu’au milieu 2013.

En 2012, Paul Vergès est revenu à la charge. Il dépose à nouveau un amendement au projet de loi de finances pour l’année 2013. Débattue et acceptée en commission, la proposition fut rejetée par le nouveau gouvernement.

Entre-temps, une Conférence économique sur l’Outre-mer a été entreprise par le gouvernement et les conclusions devaient avoir lieu à Paris, fin 2012. Profitant de cette opportunité, des pétitions ont été organisées par le PCR, la Cgtr et l’Arcp afin de mettre la prime Cospar au cœur des décisions finales.

Le premier ministre a décidé d’arrêter le dispositif au 31 décembre 2013. Le sursis de 6 mois supplémentaires lui permettra de le raccrocher à sa politique de crédit d’impôt prévu par le pacte de compétitivité. Pour couvrir ce délai supplémentaire de bonus et d’exonération, il dépose un amendement qui sera rejeté par le Conseil constitutionnel.

Le sénateur Paul Vergès dépose à nouveau une proposition de loi lors de l’examen du budget 2014. Le 15 mars, le gouvernement prit l’affaire en main. Les travailleurs réunionnais seront très vigilants. Personne ne peut imaginer une baisse du pouvoir d’achat des bénéficiaires, surtout que leur nombre a beaucoup diminué par rapport à des milliers de licenciements.

Durant toute cette période, on reste stupéfait devant l’inaction des députés de La Réunion. A quoi consacrent-ils (elles) leur priorité ? Sur ce dossier, comme sur celui de la sur-rémunération, le PCR montre son engagement à défendre les intérêts des travailleurs pour qu’ils ne soient pas spoliés par la politique de réduction des dépenses publiques.

J.B.


Kanalreunion.com