Edito

Un régime politique qui a brisé l’espérance

J.B. / 4 septembre 2014

En plein milieu de son mandat, François Hollande change de politique. Il abandonne les attentes de l’électorat qui l’a conduit au sommet du pouvoir. Le signe particulier de ce changement de cap (ou de cette trahison), ce sont les 4000 délégués du Medef qui applaudissent debout le discours du premier ministre. Tout est résumé dans cette déclaration d’amour : « j’aime les entreprises » ! Le MEDEF n’en demandait pas tant mais triomphe.

A la base de cette nouvelle orientation, il y a le rapport Gallois, un homme qui a surfé à la tête de grosses entreprises. Dès cet instant, n’est-il pas sur-réaliste de pointer le passé personnel du ministre de l’économie, Macron ? Ce n’est pas un changement ordinaire. Le Président de la République a acquis la conviction qu’il fallait compléter la politique d’austérité par la solidarité aux entreprises. Sarkozy avait mis 14 milliards de bouclier fiscal, Hollande met sur la table 40 milliards ! Les réductions de dépenses publiques et les augmentations d’impôts en tout genre avoisinent les 100 milliards.

Il serait étonnant que devant cette victoire idéologique, le Medef ne pousse pas son avantage. En effet, le patronat va profiter de l’alliance sans faille avec un pouvoir socialiste acquis à sa cause pour faire plier les syndicats de travailleurs qui sont divisés sur la stratégie à opposer. Cette situation nouvelle exige la définition d’une plateforme politique capable d’unir les travailleurs en danger et le peuple spolié de sa victoire de 2012. Avec un déficit public qui frôle les 2000 milliards et un nombre de chômeur qui dépasse les 5 millions, c’est la fin d’une espérance qui a commencé en 1981 : l’objectif était de ramener le chômage en dessous de la barre du million !

Cette impasse trentenaire de la gauche française a fermé la porte à la sortie de crise structurelle réunionnaise qui dure depuis 68 ans. Le mois dernier, lors de sa visite, François Hollande, Président de la République s’est permis de déclarer qu’il suffit d’adapter les lois françaises pour régler une situation « socialement hors norme », selon l’Insee. Président de l’alternance, il a tourné le dos à ces engagements pris avec le PCR et avec le peuple réunionnais. Au-delà du déni de la parole donnée, nous sommes bien au cœur d’une grave crise de régime qui n’a plus l’espérance comme projet.


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