Edito

Un tsunami économique nous attend

J.B. / 30 juin 2015

En titrant sur le “diktat de Bruxelles”, le journal le Quotidien a exprimé le niveau de panique général qui a atteint le monde économique des DOM, Réunionnais, en particulier. Il est dommage d’en arriver à une telle extrémité quand tant et tant de fois le PCR a alerté les intéressés, sans grand résultat. Trop souvent, l’anti-communisme ambiant n’a pas permis de franchir le seuil du dialogue nécessaire entre acteurs responsables afin d’organiser la résistance collective. Et, maintenant, on fait QUOI ?

Les acteurs économiques ont cru bon écrire une lettre-pétition au Président de la République, François Hollande, lui enjoignant de contacter le Président de la Commission Européenne Juncker pour “faire entendre raison la Commission”(sic), en l’occurrence, sa propre Commissaire, la Danoise, Margrethe Vestager qui a informé Mme Pau-Langevin qu’elle ne va pas valider les propositions françaises concernant l’Octroi de Mer. Le manque de sang froid ont poussé les signataires jusqu’à écrire : “nous voulons être respectés par la Commission européenne, et que celle-ci comprenne que son attitude désinvolte à l’endroit des outre-mer rencontrera toujours l’opposition résolue de la France”. Pensent-ils vraiment faire endosser de tels propos à leur interlocuteur ?

A travers cette expression légitime d’indignation, nous voyons poindre l’exaspération du monde économique de voir que désormais la situation lui échappe. Cette panique communicative va irrémédiablement atteindre le monde agricole, en particulier, les planteurs de cannes qui attendent une rallonge de subvention de 38 millions promis, à Bois Rouge, par le Président Hollande. Il a pris un soin particulier à préciser qu’il demandera l’autorisation de Bruxelles. Cela fait déjà… un an ! Depuis, Mme Pau-Langevin est passée, à La Réunion, le Premier ministre, également. S’il y avait un message positif, gageons qu’ils ne s’en seraient pas privés. C’est plus qu’inquiétant.

La leçon à retenir, c’est qu’il faut jouer grouper. Ceux qui ont pensé qu’ils pouvaient se passer des politiques, et surtout de ceux qui connaissent réellement les enjeux et les mécanismes, ont oublié que la loi de 1946 et ses apports, ce sont les communistes ; les RUP, c’est l’initiative d’un parlementaire communiste ; l’égalité sociale, c’est la démission des Députés communistes, la Région avec Lagourgue, ce sont les communistes qui l’ont mis à la présidence. A chaque fois, l’intérêt supérieur de La Réunion passait avant tout. Quand chacun se regarde dans la glace, peut-il en dire autant ? Notamment, ceux et celles qui ont organisé la défaite de Vergès, en 2010. L’heure du bilan a sonné...et c’est un tsunami !


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