Edito

Une banque peut payer une amende de 10 milliards de dollars

J.B. / 31 mai 2014

Aux Etats-Unis, la banque française BNP-Paribas est suspectée d’avoir fait des transactions en dollar pour des clients à Cuba, au Soudan et en Iran, pays visés par un embargo ordonné par Washington. Parce que le dollar a été utilisé, la justice des Etats-Unis a l’intention d’infliger une amende d’au moins 10 milliards de dollars à BNP-Paribas. A cela pourrait s’ajouter une interdiction d’utiliser le dollar pour faire ses transactions futures. Les avocats de la banque française sont en train de négocier la peine. Mais sur le principe, il est acquis que BNP-Paribas paiera une amende record pour avoir transgressé une loi américaine. Et pour couronner le tout, la justice des Etats-Unis demande au banquier de plaider coupable.

Pour les observateurs, la procédure visant BNP-Paribas témoigne de l’attitude de l’administration des Etats-Unis vis à vis des banques. Sa justice n’hésite pas à les faire payer lourdement. Elle ne s’embarrasse pas de scrupule pour prendre l’argent là où il est s’il est démontré que la banque a transigé une règle. Aux Etats-Unis, la gravité des sanctions répond à un ressentiment. Le pouvoir est accusé d’avoir été trop complaisant avec les banques pendant la crise des subprimes.

De l’autre côté de l’Atlantique, les points de vue sont bien différents. Les banques ont été secouées par la crise des subprimes de 2008. En très peu de temps, elles ont perdu plusieurs milliards d’euros. Une affaire est devenue emblématique, celle de la Société générale. Un agent de cette banque a été jugé coupable de la perte de 5 milliards d’euros, et il est condamné à rembourser. Mais pendant ce temps, la banque n’est pas jugée responsable.

Partout en Europe, des milliards d’euros ont été mis à disposition des banques pour qu’elles puissent se remettre d’opérations mal évaluées. En Irlande, l’Etat a pris ces pertes à sa charge, et c’est le citoyen qui a dû rembourser par plan d’austérité imposé.
Six ans après la crise des subprimes, les banques continuent de faire d’importants profits. La sanction visant BNP Paribas donne un aperçu de l’ampleur de ces bénéfices.

J.B.


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