Edito

Une certaine idée de la France

Geoffroy Géraud-Legros / 26 août 2010

Au-delà de l’orientation de ses gouvernements, la France avait su conserver de par le monde l’image d’une Nation dont le destin était lié aux Droits de l’Homme et à la défense d’une vision humanisée des relations internationales.
Malgré de sévères accrocs, une « certaine idée de la France » demeurait il y a peu encore dans l’opinion publique internationale. Des signes forts tels que la sympathie affichée par un Chirac auprès des Palestiniens, la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la Shoah et l’Esclavage, avaient pu faire oublier des épisodes moins glorieux, tels la reprise des essais nucléaires où le feuilleton sans fin de la Françafrique. De même, la passe d’armes d’un Villepin face à Collin Powel, vue et commentée dans le monde entier, avait fait ressurgir la figure d’une Nation soucieuse du droit international, et capable encore de solidarité et d’humanisme.

Cette image n’est plus. La brutalité de la politique engagée contre les Roms par Nicolas Sarkozy a passé les frontières françaises, et a choqué aux quatre coins du monde. Par la voix de Benoît XVI lui-même, l’Église s’est élevée contre le traitement réservé aux gens du voyage. Sur la scène internationale, outre les pays directement concernés, ce sont les Nations-Unies qui ont relevé la « recrudescence notable du racisme et de la xénophobie » en France, l’un des experts établissant un parallèle avec « l’époque de Pétain ».

Et c’est effectivement le visage de cette France-là qui se dessine : depuis plus de 30 ans, le système français et la démagogie des politiciens réservaient discriminations et dureté à ceux qu’il qualifient d’“étrangers”. Comprendre : les travailleurs immigrés et leurs descendants, qu’ils soient ou non titulaires de la nationalité française — une nationalité dont le même Nicolas Sarkozy voudrait d’ailleurs déchoir certains délinquants.

Alors qu’une crise économique sans doute pire que celle des années 1930 frappe la France et l’Europe, il semble que l’ignoble racisme post-colonial ne suffise même plus à séduire une extrême-droite qui ne cesse de relever la tête. Pour la première fois depuis plus de 60 ans, des politiques visent délibérément des groupes humains issus du continent européen, qui sont de surcroît des citoyens européens.

G.G.-L.



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Messages






  • Oui bien sûr ! , mais la récupération faite autour de de problème terrible des Roms est tout aussi condamnable que la propagande que le pouvoir en tire pour séduire la partie " frontiste " de son électorat ! Le problème de ces malheureux est avant tout un problème Européen , issu de la libre-circulation des personnes à l’intérieur de l’espace Shengen..
    il conviendrait donc à la base que ces personnes soient traitées de manière honorable dans leur pays d’origine pour ne pas n’avoir comme unique solution un exode qui se termine souvent dans la misère et la mendicité.il conviendrait de mettre en place des programmes de soutien à ces populations , dans leur pays d’origine qu’ils ne quitent pas de gaité de coeur , avec un suivi etc..Par ailleurs , vu les difficultés énormes que rencontrent actuellement nos compatriotes avec la crise et son festival de pertes d’emplois et de pouvoir d’achat ,comprendraient mal , qu’au delà de l’image de la France à laquelle ils sont très attachés , l’on se contente d’accueillir " toute la misère de l’Europe " alors que notre situation est si difficile..C’est en commettant ce type d’erreur de positionnement que l’on se retrouve avec un électorat ouvrier votant massivement pour le FN !
    Dernier point , beaucoup des pays donneurs de leçons ,feraient bien de balayer devant leur porte !

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    • Oui il y a des problèmes avec des Roms en France, comme il y a des problèmes avec des Français. Oui il y a des problèmes de sécurité. Oui il faut lutter contre la délinquance.

      Mais pourquoi stigmatiser des populations entières ? Pourquoi organiser médiatiquement des expulsions collectives ? Pourquoi reprendre le discours de haine de l’extrème droite ? Pourquoi reduire le nombre de fonctionnaires de police ? Pourquoi assimiler immigration et délinquance ? Pourquoi prétendre instaurer deux catégories de Français ? Pourquoi ? Sinon pour faire diversion face à la crise et aux affaires à des fins électorales.

      Non, ce n’est pas notre idée de la France et de la France et de la république.
      Est-ce que ce sont les dénociations de cette politique qui sont "caricaturales" ? Ou bien est-ce que c’est cette politique qui caricature la France ?

      Non ce n’est pas notre idée de la Réunion où, malgré ou à cause de notre histoire, nous nous efforçons de construite un modèle d’intégration et de fraternité.

      Allons dire ensemble le 4 septembre sur la parvis de droits de l’homme à Champ-Fleuri que nous ne voulons pas de ça ! Que c’est dégeulasse ! et que nous voulons une france digne une République libre, égale et fraternelle.

      Un citoyen

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  • "une certaine idée de la France".
    Géraud Legros, vous êtes gaulliste maintenant ? On vous croyait catho-communiste.

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  • Geoffroy GÉRAUD-LEGROS est avant tout Geoffroy GÉRAUD-LEGROS, il est tout d’abord "journal-iste", non ?

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