Edito

Une grande diversion qui affaiblit la France

Témoignages.re / 15 novembre 2010

La France vient de prendre la présidence du G20 pour un an. Avec ses 60 millions d’habitants, pourra-t-elle faire entendre raison à des puissances comme les Etats Unis, la Chine, l’Inde, la Russie, et ainsi, peser positivement sur les destinés du monde ? Tout dépend, en premier lieu, de la crédibilité de sa direction politique.

Le premier signe envoyé au monde est très négatif : c’est la reconduction de Fillon à la tête du gouvernement. Cet homme avait déclaré au lendemain de sa nomination en 2007 qu’il prend la tête du gouvernement « d’un pays en faillite ». Cela ne l’a pas empêché de saigner encore plus la France en accordant 14 milliards de cadeaux fiscaux. Et quand la crise mondiale arriva, il vida les caisses de l’Etat pour assurer les intérêts des banquiers qui se distribuèrent sans honte d’insolentes dividendes. Les grosses entreprises déclarèrent des pertes et empochèrent des milliards d’impôts.
Conséquence : en moins de 3 ans, le pourcentage du déficit public a doublé et le montant de l’endettement de la France a triplé ! Pour un pays en faillite, il y a mieux.

Pour les trois prochaines années, changement de cap : il faut ramener le déficit et l’endettement au niveau de 2007 ! Pour cela, il a prévu de faire 100 milliards d’économie. Qui va payer ? Qu’importe les conséquences pour les Français, c’est la diminution des dépenses publiques qui servira de potion magique à une sévère cure d’austérité.
La France est prise au piège : elle ne peut pas se coltiner une mauvaise note et vouloir donner des leçons au G20, composé de 19 pays les plus riches du monde et de l’Union Européenne.
Telle est la dure réalité que Fillon et Sarkozy ont tenté de cacher aux Français. Avec la complicité des médias, ils ont occupé les esprits depuis plusieurs mois avec un faux numéro de remaniement gouvernemental. Pendant ce temps, les problèmes demeurent et s’aggravent. Cette minable diversion impressionnera-t-elle les observateurs extérieurs qui savent maintenant les limites des dirigeants politiques de la France ?

J.B.



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Messages






  • On ne peut aborder tous les sujets en une seule phrase.
    Il y a d’un côté une question franco-française : la reconduite de Fillon.
    C’est une erreur de l’UMP. Elle espère par-là deux choses : la première consiste à faire accroire que les Français approuvent les dernières réformes qui sont passées par la force du gouvernement. Les Français n’approuvent pas. S’ils se taisent (comme naguère les jeunes des banlieues ont cessé spontanément leurs révoltes), c’est un mystère. De ce mystère, le pouvoir actuel a tort de conclure à l’approbation. Il a tort de ne pas amorcer le virage social qu’attendent les citoyens.
    Le second objectif pour l’UMP est de se mettre en campagne pour 2012. Déjà on subodore la nature de la stratégie préconisée : la chasse sur les terres du FN et del’Extrême-droite raciste. L’octroi du ministère de l’intérieur, "de l’outre-mer et de l’immigration" à Hortefeux en est une illustration. Et cela n’augure rien de fameux pour les ultra-marins que nous sommes (natifs ou d’adoption, si cela est permis). Dans les mois qui viennent, l’outremer français pourrait servir d’exutoire aux crises que rencontre le pouvoir. Ou de bouc émissaire aux maux réels ou fantasmés de la France.

    Un autre point abordé, mais qui n’a rien de commun avec le précédent, est que la France ne compte que 65 millions d’habitants. Certes. Mais elle se place encore parmi les premières puissances. Bien au devant de la Chine, selon les critères de richesse que l’on adopte. C’est donc son tour de prendre en main le G20.

    Certes, la France est moins riche que la Chine.
    Il y aurait bien une manière de créer de la richesse en France. Cela passerait par la remise en cause des privilèges accordés à la Chine. Bien que première puissance au monde, selon certains critères, elle refuse de ramener sa monnaie à sa véritable valeur. Elle refuse la règle commune et use de la menace. C’est dire à quel point le monde est tendu, en ce moment. Pourtant, cela permettrait de rendre plus compétitives les productions françaises et européennes. Et par là, cela favoriserait notre balance économique. En conséquence, nos soucis d’endettement en seraient un peu soulagés. Bien plus encore, bien que première puissance au monde (selon certains critères), la Chine perçoit des aides au développement, car elle figure toujours à la liste des pays en voie de développement. Etrange oxymore bien illustrateur de l’époque déboussolée que nous traversons...

    Mais là où je suis d’accord avec vous, c’est que sur la scène internationale, les gouvernants français ne sont jamais passés autant pour des ploucs que depuis l’ère balladuro-chiraco-sarkozienne. Cette ère dure depuis bien 20 ans.( Mitterand étant mort et enterré depuis 1996)

    Le problème est que les Français sont bien capables de voter pour que cela perdure, en 2012. Hélas !

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