Edito

Une nouvelle étude condamne la route en mer

J.B. / 2 février 2017

Le changement climatique ne connaît pas de frontière tout comme ses effets. C’est ce qui se passe pour la montée du niveau de la mer. C’est la conséquence de l’élévation de la température qui fait fondre les glaciers. D’importants volumes d’eau douce se déversent dans les océans, ce qui contribue à l’élévation de leurs niveaux.

Les effets les plus connus touchent des États insulaires. Des peuples voient progressivement leurs terres ancestrales submergées. Avant la fin du siècle, ils seront contraints de quitter le pays où sont enterrés leurs aînés. Mais cette crise touche aussi les pollueurs historiques.

Ainsi, une étude du NOAA souligne que les côtes des États-Unis sont parmi les plus vulnérables au monde. La montée du niveau de la mer pourrait atteindre 2,5 mètres sur la côte Est d’ici à la fin du siècle.

L’ouragan Sandy en 2012 avait déjà souligné cette vulnérabilité. Cela va obliger les États-Unis à engager des dépenses considérables pour protéger notamment une ville comme New-York. Mais à moins de construire un mur de plusieurs mètres de haut tout le long de la côte des États-Unis, il faudra nécessairement déplacer des millions de personnes. Car plusieurs phénomènes amplifient les effets de la montée du niveau de la mer. « L’océan n’est pas comparable à une baignoire qui se remplit », explique William Sweet, principal auteur du rapport. « La montée du niveau marin sera assez variable de parts et d’autres du globe, en raison des courants et des caractéristiques géologiques de chaque région. Sur toute la côte Nord-Atlantique, au Nord de la Virginie, mais aussi dans l’Ouest du golfe du Mexique, il y a un phénomène de subsidence, c’est-à-dire un affaissement de la croûte terrestre qui s’ajoute à la montée de l’océan. Cet effet est dû à l’exploitation des sous-sols, mais également à d’autres facteurs naturels ».

Sous nos latitudes, la montée du niveau de l’océan Indien sera aussi une réalité. Jusqu’à présent, les études successives sont toujours plus pessimistes quant à l’ampleur du phénomène. Cela souligne la nécessité de revoir toutes les prévisions. Or, le projet de la route en mer a été lancé en 2010 sur la base d’études vieilles d’au moins 6 ans, soit une éternité à l’échelle des progrès de la connaissance des effets du changement climatique. C’est pourquoi, le chantier que France2 a rebaptisé « la route la plus chère du monde » est remis en cause. La réalité appelle à s’éloigner du littoral pour protéger la population. Le projet de route en mer place La Réunion à contre-courant d’une tendance mondiale. Car les effets du changement climatique sont planétaires, et La Réunion est une partie du monde qui sera touchée au même titre que les autres.

J.B.