Edito

Une nouvelle étude montre que la NRL est condamnée à être engloutie par l’océan

J.B. / 5 février 2016

Selon un rapport publié jeudi par le Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, 26 kilomètres carrés du territoire de la France ont été emportés par la mer entre 1949 et 2005. Selon des prévisions prenant en compte une augmentation de 80 centimètres du niveau des océans, près de 10.000 kilomètres carrés seraient en dessous du niveau de la mer et 423.800 bâtiments seraient menacés par la submersion. Or, les observations les plus récentes montrent que cette prévision est aujourd’hui largement dépassée. D’ici la fin du siècle, la hausse du niveau de la mer pourrait se compter en mètres.

Ce qui est vrai pour la France sur ce point l’est aussi pour La Réunion. Car si le niveau de la mer monte dans un pays, il monte partout. Notre île ne sera pas à l’abri de ce phénomène. Force est de constater que les investissements les plus importants se concentrent précisément au bord de la mer : nouvelle route du littoral dite NRL, construction d’une ville nouvelle de 40.000 habitants (Ecocité de Cambaie), création d’un nouveau port à Saint-André.

Cette étude montre donc que toutes ces promesses sont condamnées par les lois de la physique. En effet, ce n’est pas La Réunion et encore moins un responsable politique qui peut commander l’océan.

L’étau continue donc de se resserrer sur le chantier de la NRL. En France toujours, le gouvernement a choisi d’arrêter le projet du barrage de Sivens, et encourage la recherche d’alternatives à la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Comme la NRL, ces deux projets font face à de nombreux recours. Ils ont également été à l’origine de manifestations soutenues par les organisations de défense de l’environnement.

Si en France, la voie de la raison semble être entendue, ce n’est toujours pas le cas à La Réunion. Le gouvernement persiste à soutenir le projet de Didier Robert. Le dernier acte en date est l’autorisation d’importer des roches de Madagascar pour donner une chance à ce chantier de continuer.

Plus que jamais, il est temps d’arrêter ce gaspillage, car la NRL est condamnée par le changement climatique.


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