Edito

Une nouvelle station-service à Saint-Denis quelques semaines après les élections

J.B. / 2 septembre 2017

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Quelques semaines après la réélection de Ericka Bareigts comme députée avec le soutien sans faille de Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, et grâce à des moyens considérables dénoncés à plusieurs reprises, un étrange projet immobilier sort de terre à Saint-Denis. Il s’agit d’une station-service en plein quartier populaire, située en face de l’hôpital d’enfants. Le problème qui se pose n’est pas celui de l’ouverture d’un nouveau commerce, mais vient du fait que le futur exploitant de cette entreprise vendra du carburant, un produit d’appel qui lui permettra d’attirer une importante clientèle et donc de se développer sur le dos des commerçants déjà implantés de longue date.

L’ouverture d’une station-service supplémentaire à Saint-Denis peut surprendre. La ville est en effet largement dotée dans ce domaine. Les promoteurs ont beau dire qu’ils maîtrisent toutes les mesures de sécurité nécessaires, c’est une installation qui attire les pollutions. Il faut remarquer que les choix d’implantation des derniers lieux de distribution de carburant à Saint-Denis traduisent une orientation. La station-service la plus récente se situe à Moufia, dans un quartier populaire à côté d’un lycée. L’installation en question est à la Source, boulevard Sud, autre secteur où le niveau de vie des habitants fait que le taux d’équipement en automobiles ne peut pas être important. Par contre, les habitants qui n’ont pas de voiture subissent les nuisances apportées par ceux qui en ont une.

Les arguments sont connus, des emplois seront créés. À cela il est facile de répondre qu’une autre politique peut créer un nombre d’emplois largement plus important. Quand la Région Réunion dirigée par Paul Vergès avait lancé le chantier du tram-train, la perspective était la création de nombreux emplois non seulement dans la construction mais aussi dans le fonctionnement. Un réseau ferré et les trains qui y circulent nécessitent en effet des conducteurs, des contrôleurs et tout le personnel nécessaire à la vente de billets, à la gestion des parkings, etc. Il faut se rappeler que quand La Réunion avait un chemin de fer, c’était le premier employeur de La Réunion. Pour des raisons politiciennes, la Mairie de Saint-Denis avait lancé une campagne de publicité contre ce projet, mettant en avant les désagréments causés par les travaux. En faisant campagne contre le tram-train, Gilbert Annette et ses amis ont supprimé bien plus d’emplois que n’en créeront les ouvertures de station-service à Saint-Denis.

À qui profite cette décision qui s’oppose à la marche vers la transition énergétique ?

J.B.


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