Edito

Une route en mer à contre-courant

J.B. / 22 novembre 2013

En page 4, vous pourrez découvrir les principaux résultats d’une étude sur la pollution de l’atmosphère. Réalisée par Climate Action Tracker, elle confirme les prévisions du dernier rapport du GIEC. Si le monde continue à émettre des gaz à effet de serre, ce sera la catastrophe. Le réchauffement pourrait atteindre 3,7 degrés au lieu de 3,1 selon la précédente estimation.

Les principales causes de cette pollution sont connues. C’est tout d’abord la production d’électricité à partir de centrales thermiques brûlant du charbon ou du fioul. C’est ensuite la prolifération des automobiles et camions qui fonctionnent avec des moteurs à essence ou diesel. C’est enfin la destruction des forêts. Les arbres peuvent en effet absorber le CO2, gaz à effet de serre, pour le transformer en oxygène.

Pour arriver à sauver l’essentiel, les auteurs de l’étude appellent à des réductions drastiques des émissions. Les gouvernements sont rappelés à l’ordre, car la crise économique ne doit pas servir de prétexte à un coupable relâchement.

À La Réunion, les décisions et les actes sont à l’opposé des préconisations des défenseurs de l’environnement. Si un projet de centrale thermique pour le Sud est mené à bien, alors la pollution va augmenter alors que des énergies renouvelables pourraient être mobilisées. Notre île est en effet assise sur un volcan, source d’une énergie inépuisable.

Dans les transports, Didier Robert a choisi d’arrêter le chantier du tram-train électrique. Pour faire passer la pilule, il a mis en avant un projet de route en mer. C’est donc la priorité aux modes de transport les plus polluants qui est affirmée. Car les automobiles chaque jour plus nombreuses avancent grâce à des produits dérivés du pétrole.

Ainsi, ces deux décisions visent à augmenter la contribution de La Réunion au réchauffement climatique mondial. Et donc à accélérer la catastrophe qui arrivera.

Car voici deux semaines, le monde a découvert que le dérèglement climatique avait engendré une nouvelle classe de cyclone : les super-typhon. Haiyan a amené des vents soufflant à 315 kilomètres par heure, soutenant des vagues de plus de 5 mètres. Rien n’a résisté.

Aujourd’hui, la préoccupation de tous les responsables doit être de tout faire pour protéger les Réunionnais d’une telle catastrophe. Le projet de nouvelle route du littoral a exactement un but opposé, puisqu’elle rapproche les usagers du danger. Elle est totalement à contre-courant de la réalité.

J.B.


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