Edito

Une visite qui sonne faux au cœur du Centenaire de Césaire.

J.B. / 28 juin 2013

Césaire par-ci, Césaire par-là. Le centenaire de la naissance d’Aimé Césaire est célébré partout, du sommet de l’Etat Français jusqu’en Afrique. L’évènement a donné lieu à d’importantes manifestations, comme ce fut le cas lors de son décès, en 2009. On se rappelle le déplacement du Président de la République, Nicolas Sarkozy, en Martinique, à l’occasion de ces obsèques. La République rend hommage à un fils prodige. Cette fois, c’est le Premier ministre en personne qui s’est déplacé, accompagné de plusieurs ministres.

Le geste est bien entendu calculé, et renvoie aux grandes manifestations de 2009 contre la vie chère et la profitation. A la fin du mouvement, le PS national avait analysé la crise comme un manque « affectif » dans les rapports avec Paris. Une commission spéciale a été crée et présidée par Christian Paul, ancien secrétaire d’Etat à l’Outre mer. Le déplacement actuel a été monté comme une sorte de thérapie à une crise existentielle antillaise. « C’est le Premier Ministre », « il vous a réservé son premier voyage », « il a choisi un Antillais comme ministre d’outre-mer »...Bref, « soyez fiers de la mère patrie », « nous vous aimons » !

Une telle attitude fondée sur le paternalisme est méprisante et infantile. Surtout qu’aucun problème concret ne sera résolu par les mesures annoncées. Ni l’emploi, ni le logement, ni la vie chère ne sera réglé par un tel déplacement. Très attendu sur le dossier du RSTA, l’équipe ministérielle, qui aime les Antillais comme aucun autre gouvernement auparavant, n’a fait aucune proposition. Des dizaines de milliers de gens aux petits revenus seront amputés de 10% de leurs ressources, le gouvernement fait des annonces à côté.

Partant de là, ce voyage au cœur du Centenaire de Césaire sonne faux, car justement Césaire avait une certaine idée de l’Homme qui ne pouvait pas être aussi réductrice.

J.B.


Kanalreunion.com