Edito

Venceremos !

J.B. / 23 mars 2016

Fin de visite pour Obama, son épouse et ses enfants. Ils ont passé un merveilleux séjour à Cuba. Ils sont retournés au pays et peuvent témoigner qu’ils sont toujours entiers. Personne ne les a poursuivi et aucune manifestation d’hostilité n’a eu lieu à leur encontre. Ils ont même diné avec Raul Castro. Ils sont repartis libres.

A l’issue de cette visite, un pan entier de la rhétorique anti-cubaine et anti-communiste, durant un demi-siècle, vient de tomber avec fracas. Ces dernières années, les Etats-Unis ont été contraints de coopérer avec la Chine communiste et avec le Vietnam, un autre pays à direction communiste. Ils se sont montrés capables de surmonter la défaite cinglante que leur a infligé les Vietnamiens. Ils devenaient ridicules à continuer la politique d’ostracisme envers leur proche voisin, Cuba.

Hier, les présidents de Cuba et des États-Unis ont eu des entretiens officiels puis se sont exprimés devant les journalistes. Voici le compte rendu qui en est fait par Granma, le journal du PC cubain.

« Le président cubain Raul Castro a déclaré que durant les 15 mois qui se sont écoulés depuis l’annonce de la reprise des relations, des résultats concrets ont été obtenus et qu’il est heureux d’accueillir le président des États-Unis Barack Obama, 88 ans après la visite d’un président de ce pays dans l’île.

Il a signalé également que certains liens de coopération se sont matérialisés spécialement dans le secteur des télécommunications, dans l’achat d’équipements médicaux et pour la protection de l’environnement, ainsi que le travail coude à coude pour combattre des maladies comme le zika et le cancer.

Concernant les mesures prises par le président Barack Obama durant sa période de mandat, Raul a indiqué qu’elles étaient positives, mais insuffisantes, et que d’autres pourraient être appliquées, qui apporteraient une contribution importante à la levée du blocus. Le démantèlement du blocus est essentiel car il est toujours en vigueur et a des effets dissuasifs de portée extra-territoriale, a-t-il ajouté.

Obama pour sa part a remercié le peuple cubain pour son accueil et il a signalé que voir un président des États-Unis dans l’Île était impensable, mais que c’était un nouveau jour. Par ailleurs, a-t-il déclaré dans son intervention, le destin de Cuba ne sera décidé ni par les États-Unis ni par un autre pays. L’avenir de Cuba est souverain et sera décidé par les Cubains et personne d’autre.

Après plus de 50 ans, les relations entre nos gouvernements ne vont pas se développer du jour au lendemain, a-t-il signalé. Le respect mutuel est nécessaire pour que nous puissions bien travailler et améliorer les vies de nos peuples. Il faut parler des différences de manière directe, a également déclaré le président Obama.

Par ailleurs, en réponse à certaines questions, le président des États-Unis a indiqué que « Cuba et les États-Unis ont deux systèmes de gouvernement et deux économies distinctes et des décennies de profondes différences, mais nous avançons, nous ne reviendrons pas en arrière » ».

Que reste-t-il aux détracteurs de Cuba et aux réactionnaires de La Réunion qui passent leur temps à nier des réalités économiques et politiques évidentes pour se réfugier dans l’agitation de la peur du changement ? Tous les Réunionnaises et Réunionnais qui ont toujours été du côté de Cuba et de son peuple doivent aujourd’hui être fiers de cette étape historique. Il est vrai que les Cubains ont toujours proclamé : “Patria o muerte, Venceremos” (la patrie ou la mort. Nous vaincrons).


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