Edito

Vers l’indépendance de l’Ecosse et la fin du Royaume-Uni ?

J.B. / 13 juin 2016

Le 23 juin, les électeurs du Royaume-Uni sont appelés à décider du maintien ou pas dans l’Union européenne de l’Angleterre, du Pays de Galles, de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord. La campagne du gouvernement pour le « oui » est loin d’être convaincante. Les conservateurs sont en effet L’Ecosse est une région représentant le tiers de la superficie du Royaume-Uni, et 10 % de sa population. Elle dispose de son gouvernement, de son assemblée et a donc une autonomie. Mais son adhésion à l’Union européenne dépend de Londres. En Ecosse, le premier parti est le Parti national écossais (SNP). Il est pour le maintien dans l’Union européenne et si le résultat du référendum ne va pas dans ce sens, il est prêt à demander l’indépendance de l’Ecosse. Dans cette région du Royaume-Uni, ce sentiment est largement partagé. Alyn Smith, député du SNP au Parlement européen est très clair sur ce point, dans un entretien paru samedi dans l’Humanité.

En cas de résultat défavorable au maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne, « la question de l’adhésion de l’Ecosse au Royaume-Uni serait, pour nous, remise à l’ordre du jour. Si Londres nous retire malgré nous du projet européen, nous considèrerons à nouveau un référendum sur notre indépendance - notamment, mais pas seulement, pour rester au cœur de l’Union européenne ».

Et de préciser sa position : « si l’Ecosse maintient, comme les sondages le confirment, sa position favorable au maintien dans l’Union Européenne, la First Minister de mon Gouvernement écossais pourrait éventuellement remettre sur la table notre propre adhésion au Royaume-Uni. Nous avons beaucoup d’amis en Europe, avec lesquelles nous partageons une vision ouverte, solidaire du monde. Nous sommes fièrement pro-européen et de gauche, anti-austérité et écologistes, et le gouvernement de droite eurosceptique du Premier ministre David Cameron n’a rien fait pour nous rassurer, bien au contraire. Si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne le 23 juin, nous demanderons éventuellement de quitter le Royaume-Uni, notamment pour adhérer à l’Union européenne qui est, jusqu’à présent, une organisation dans laquelle nous avons beaucoup plus de choses à partager, à apprendre de l’autre, pour faire face ensemble plutôt que seuls aux géants industriels ou aux autres puissances ».

Dans 11 jours, ce sera le scrutin. Il laissera des traces. En cas de victoire des opposants à l’Union européenne, les conséquences pourraient être la sécession de l’Ecosse, et la fin du Royaume-Uni. Cet événement ne pourra qu’accentuer la crise que traverse l’Europe, et aura des effets pour La Réunion, région intégrée à l’Union européenne.



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  • La situation est complexe. Mais il est clair que la politique menée depuis quelques années a conduit à la paupérisation des peuples et à la montée des extrêmes. Dans le même temps le sentiment nationaliste à dépassé celui fédéraliste . D’où un repli sur des identités régionales plus fortes. Si l’Europe ne change pas sa constitution et si les états restent figés sur une position technocrate peu humaine, alors nous revivrons un éclatement de l’UE et des nations qui la composent : Ecosse Catalogne... Corse Bretagne... à réfléchir pour le projet dans les OM.

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