Edito

Vers la crise générale ?

Geoffroy Géraud-Legros / 26 février 2011

Deux cortèges, hier matin, ont défilé à Saint-Pierre et à Saint-Denis, contre la casse de l’éducation organisée depuis Paris. Dans la ligne de mire des manifestants, la suppression de 162 postes d’enseignants titulaires et de 55 postes de contractuels au rectorat. Les manifestations ont eu une issue que les représentants des enseignants mobilisés ont trouvé plus que décevants : reçus par le recteur, ils ont dû une énième fois entendre un discours de démission et d’irresponsabilité, à base de « ce n’est pas moi », « on ne peut rien faire » etc., le tout assorti du boniment et des regrets d’usages.

Le mouvement devrait donc continuer, les enseignants ayant fait part de leur détermination à empêcher l’abîme entre les besoins réels et les coupes répétées dans le personnel et les moyens dévolus à l’action publique. La semaine aura aussi été marquée par les grèves de la Séchilienne-Sidec et d’EDF. Ceux-ci revendiquent l’application d’un texte leur octroyant une surprime égale à celle d’un enseignant. Baladés par le pouvoir, ils reprennent l’action.

Une autre colère pourrait bien se faire entendre dans le courant de la semaine prochaine : celle des transporteurs. C’est Jean-Bernard Caroupaye, successeur de Joël Mongin à la tête de la FNTR, qui a tiré avant-hier la sonnette d’alarme : si l’Etat persiste à enfreindre ses engagements, et continue d’augmenter les prix au lieu, comme promis, d’aller vers un carburant professionnel moindrement taxé, les transporteurs pourraient entrer dans la danse à leur tour. Certes, affirme-t-il, l’heure est au dialogue. Mais, il avertit : une étincelle pourrait mettre le feu aux poudres. Transporteurs, lycéens, enseignants, secteur de l’énergie… les mobilisations de ces secteurs pourraient, ensemble, déboucher vers une crise plus générale. Une explosion que le pouvoir finira par déclencher, en accumulant les refus systématiques de voir et d’entendre les mouvements sociaux.

G.G.-L.


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