Edito

Vers la fin de la guerre d’invasion en Afghanistan ?

J.B. / 22 novembre 2012

Les médias ont annoncé que c’est par une cérémonie symbolique que le général de brigade français Eric Hautecloque Raysz a remis à son homologue afghan, le général Mohammad Zaman Waziri, la clé de la base militaire de Nijrab. L’opération consiste à remettre à l’ANA (Armée Nationale Afghane) la sécurité de cette partie du pays. C’est en effet la fin de cette année que les troupes françaises les plus exposées devraient avoir quitté l’Afghanistan. Suite à ce retrait, la France disposera quand même encore de 1.500 militaires chargés de la formation et assurant la logistique dans la capitale, Kaboul. C’est François Hollande qui a pris la décision de ramener l’échéance à 2012 alors que Sarkozy avait prévu 2014.

L’accélération du retrait a été nécessaire, car l’opinion publique française devenait de plus en plus sensible devant les dégâts humains, surtout après les 26 décès de 2011. Il faut dire que près de 90 soldats français ont trouvé la mort dont 5 Réunionnais : Anthony Rivière en 2008, Johan Naguin en 2009, Mathieu Toinette en 2010, Alexandre Rivière et Emmanuel Técher en 2011. Probablement, le coût financier a tranché le débat en cette période d’austérité prolongée. Avec le retrait de l’armée française, une page est en train de se tourner depuis l’engagement militaire en 2001.

Les chefs afghans n’étaient pas peu fiers de ce retrait anticipé et ont profité pour appeler les autres nations de partir. Plusieurs ont déjà quitté. Cette situation laisse planer un doute sur la capacité de l’armée afghane à tenir devant les opposants qui ont réussi à mettre en déroute la coalition de l’OTAN.

Cette guerre, engagée par les Américains, a entraîné les armées des pays les plus puissants dans un enlisement de plus de 10 années. La situation actuelle montre que la résistance afghane a été solide, s’est adaptée aux nouvelles conditions de lutte et a conduit à la défaite de la coalition internationale. Plus de 2.000 soldats américains y ont perdu la vie. Ne parlons pas ceux des autres pays ou bien le nombre de morts et blessés en Afghanistan même.

Il y a beaucoup de leçons à tirer de cette invasion militaire. La puissante armée soviétique avait déjà été défaite sur ce territoire. On retiendra que la CIA avait apporté son aide aux adversaires soviétiques, en particulier, Ben Laden. Par la suite, il a servi de cible à l’invasion de la coalition mondiale. Malgré sa disparition, la situation n’est toujours pas stabilisée. C’est la preuve que tout un peuple s’est levé contre un diktat mondial, au point de le défaire militairement.

Des discussions sont engagées depuis quelque temps pour tenter de trouver une issue politique à cette crise. On revient par là où tout aurait dû commencer : le dialogue, donnant ainsi raison aux quelques pays qui ont refusé de servir les intérêts des Américains et des Occidentaux. Car, derrière toute guerre, il y a toujours des intérêts économiques et politiques.

 J.B. 


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