Edito

Victimes de “la loi du marché” ?

J.B. / 29 mai 2015

Le 10 mai, on commémorait la mémoire de l’Esclavage et la traite des Noirs. Parallèlement, on célébrait la victoire de la deuxième guerre mondiale, tout en rappelant les cortèges de souffrances. En toile de fond, l’actualité nous projetait les images de milliers migrants dans la Méditerranée qui bravent tout pour trouver une vie meilleure en Europe. Des milliers périssent en mer. On pensait avoir atteint le sommet de la cruauté humaine mais c’était vite oublier l’Asie.

Le 25 mai, 139 tombes et 28 charniers ont été découverts proches des frontières de la Malaisie et la Thaïlande. Des enquêtes sont en cours. On s’achemine vers la découverte d’un vaste trafic maffieux à l’échelle du continent. Pour l’essentiel, les victimes sont issues d’une population musulmane persécutée par des Bouddhistes : ce sont les Rohingyas, chassés de Birmanie et qui errent sans horizon. La Malaisie annonce même avoir découvert une trentaine de camps déjà abandonnés dans la forêt. Sans nul doute des massacres ont été perpétrés.

Toutes ces tragédies révèlent des systèmes d’exploitation humaine reposant sur l’appât du gain. Les criminels s’enrichissent et n’ont plus aucune considération pour d’autres hommes et femmes. Avec les conséquences de la croissance démographique mondiale et les changements climatiques, il est à craindre que ces rapports humains vont continuer à se dégrader. C’est une réalité qui s’est même invitée au Festival de Cannes. “La loi du marché” est le titre d’un film. L’auteur montre une histoire de chômeur, une sorte d’épave engendrée par la société capitaliste. On est loin des massacres mais songez seulement que Cannes est située sur l’autre rive de la Mer Méditerranée souillée par des trafics humains.


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