Edito

Violente répression en France, impunité des incendiaires à Mayotte : que veut le gouvernement ?

J.B. / 4 juin 2016

« Les moyens affectés à l’état d’urgence servent à réprimer le mouvement social, ce qui constitue un très grave écart par rapport à l’éthique républicaine », affirment les dirigeants du PCF en Bretagne, à la suite de la violente répression de plusieurs manifestations contre la loi El Khomri. A Rennes jeudi, des policiers ont chargé la foule à bord de leurs véhicules en aspergeant les opposants à la loi Travail de gaz lacrymogène. Le rassemblement a été dispersé à coup de matraques. Par ailleurs, des journalistes en train de filmer des policiers ont été molestés.

Avec la généralisation des caméras sur les téléphones, les écarts des policiers sont immédiatement rendus publics. Elles suscitent une vive polémique sur l’usage disproportionné de la force contre les manifestants. D’autant plus que les reproches s’accumulent face aux coups portés qui ont déjà fait plusieurs blessés graves. Pour justifier ces méthodes, les représentants du gouvernement invoquent la nécessité de faire respecter l’état de droit.

À ces excès répondent une attitude diamétralement opposée dans un autre département français, Mayotte. Au cours de ces dernières semaines, des « collectifs de citoyens » ont décidé de mener de violentes actions d’expulsion d’autres habitants. Ces actions sont annoncées publiquement plusieurs jours à l’avance. Mais au moment où elles ont lieu, force est de constater que les agresseurs ont pu agir dans une totale impunité alors que les maisons des victimes sont incendiées. Cela a amené la création d’un camp de réfugiés improvisé sur la place de la République à Mamoudzou.

Jeudi, au moment où le gouvernement annonçait l’envoi de renforts de policiers à Mayotte, l’État menait une action de répression. Il s’agissait de détruire les logements accusés d’être construits illégalement sur des propriétés privées. Comme pour les victimes des exactions des « comités de citoyens », des familles se retrouvent à la rue. Comme il fallait s’y attendre, ces faits ont accentué la tension. Des propriétaires des terrains en question se sont plaints d’avoir été la cible de la colère des expulsés. Ils ont reçu des coups de machette. Mayotte glisse vers la guerre civile.

En France, les excès de la répression, à Mayotte, une étrange mansuétude. À quoi joue le gouvernement ?

J.B.


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