Santé

Après la Camargue, la Bretagne démoustique exclusivement au Bti

Chikungunya : en France, insecticide biologique tout de suite, mais pas à La Réunion

Témoignages.re / 1er août 2011

Tout comme en Camargue, la Bretagne utilise le Bti pour se protéger du moustique vecteur du chikungunya. Cela relance le débat sur l’attitude du pouvoir central à La Réunion qui a refusé pendant des mois l’utilisation du Bti, une préconisation du PCR soutenue au Parlement par Gélita Hoarau. Voici un article paru dans "Ouest France" le 25 juillet dernier qui décrit la démoustication.

« Pas de panique ! Le moustique tigre, vecteur du chikungunya, n’a pas élu domicile dans les marais de la rivière d’Étel. Les agents de la démoustication veillent.
Pulvériser ici, pulvériser là. Christophe Guenan, équipé de cuissardes, crapahute de mare en mare. Il chasse la larve de moustique nichée dans les creux d’eau de la rivière d’Étel. Ce matin-là, avec son équipier, Sébastien Hernandez, il arpente les marais de Merlevenez, en contrebas de Mané er Hoët. « Une journée de traitement ? On doit bien faire 15 kilomètres et marcher six heures en tout ». Bon pour la forme !

L’aedes caspius...

Christophe Guenan est chef d’unité au sein de l’Établissement interdépartemental pour la démoustication du littoral atlantique. L’EID intervient dans le Morbihan depuis 1998, à la demande du Conseil général. Les zones ciblées : la rivière d’Étel, Locmariaquer, Pénerf et Pénestin, soit près de 2.000 hectares de marais surveillés par sept agents.
Vingt-six espèces de moustiques ont été recensées dans le département. Sept sont à l’origine des principales nuisances envers l’Homme. Dont l’aedes caspius qui adore piquer à l’aube et au crépuscule. Et l’aedes detritus, tout aussi agressif que son cousin. Si leurs victimes sont porteuses d’un virus, les moustiques le transmettront à leurs prochaines proies.
« Ces moustiques sont inféodés au milieu salé et saumâtre, explique Benoît Le Hunsec, chef de service de l’EID. Les femelles pondent leurs œufs sur la vase asséchée. Si la température d’air et d’eau convient, l’éclosion se produira à chaque remise en eau du marais, lors des marées à fort coefficient ». Le moment choisi pour traiter.
Christophe Guenan prospecte. Il prélève de l’eau dans une mare avec une bassine. Il y observe les larves piégées. « Selon la densité, on décide de traiter ou pas. Là, ça s’impose ». Pstt, pstt ! Le produit antilarvaire est aspergé, avec précision. Il s’agit de BTI — Bacillus thuringiensis israelensis. Son ingestion détruit le tube digestif de la larve, elle meurt dans les vingt-quatre heures.

Bon moment, bon endroit

« Le BTI est sans effet sur l’environnement, c’est un produit biodégradable, rappelle Laurence Thibaud, directrice de l’environnement et de l’aménagement à l’EID. Mais nous n’en abusons pas pour autant. Le principe du traitement, c’est d’intervenir au bon endroit au bon moment ». Pour une efficacité maximale... et une tranquillité assurée à l’apéro du soir, en terrasse. »


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