Santé

Coronavirus : l’épidémie s’étend

Une deuxième personne touchée en France

Témoignages.re / 13 mai 2013

Le 8 mai, le ministère de la Santé annonçait le premier cas de coronavirus en France, un second a été confirmé hier. Depuis septembre 2012, sur 34 personnes touchées par ce virus, 18 sont décédées dont 11 en Arabie Saoudite. Les autorités sanitaires n’écartent pas le risque d’un nouveau SRAS, l’épidémie qui avait tué 800 personnes dans le monde il y a 10 ans.

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La mondialisation des échanges favorise la propagation de nouvelles maladies : personne ne peut dire qu’il est à l’abri sauf à vivre totalement coupé du monde.

En France, la ministre de la Santé s’est rendue à l’hôpital de Lille où est soignée une personne touchée par une maladie infectieuse très rare et mortelle jusqu’à présent dans un cas diagnostiqué sur deux. Ce virus serait proche du SRAS, qui avait emporté 800 personnes voici 10 ans.

Le nouveau coronavirus (NCoV) est une souche qui n’avait encore jamais été détectée chez un être humain. Cinq personnes ayant été en contact avec le patient font actuellement l’objet d’un suivi médical. Une d’entre elles a été diagnostiquée positive au NCoV, elle est actuellement hospitalisée en service de réanimation. En France, la première personne touchée est tombée malade le 23 avril. Elle avait des problèmes respiratoires, elle est actuellement dans un service de réanimation, dans un état grave. La confirmation du nCov par le laboratoire a été obtenue le 7 mai 2013 à l’Institut Pasteur. Le patient avait visité Dubaï.

« La plupart des cas ont séjourné, avant la survenue de symptômes, dans un des pays de la péninsule Arabique ou dans les pays limitrophes. Cette zone géographique est donc plus particulièrement confrontée à ce risque » , explique un communiqué du ministère de la Santé.

Le faible nombre de cas notifiés ne fournit que peu d’informations sur l’origine de la contamination, les modes de transmission, la gravité et les conséquences cliniques d’une telle infection. Les données disponibles à ce jour indiquent une possible transmission interhumaine du virus.

« Cependant, plusieurs éléments plaident en faveur d’une contagiosité relativement faible de ce virus » , ajoute le ministère de la Santé, qui s’appuie sur le fait que « le nombre de cas confirmés reste limité malgré le dispositif de surveillance mis en place dans plusieurs pays depuis plusieurs mois et les clusters (foyers) de personnes malades sont rares et limités, même dans les premiers pays touchés » . L’Organisation mondiale de la Santé rappelle qu’en Arabie Saoudite, un des foyers de l’épidémie, sur 15 patients, 7 sont décédés.

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Il y a 10 ans, le SRAS avait fait souffler un vent de panique dans le monde. Le nouveau coronavirus est tout aussi inquiétant : sur 34 personnes diagnostiquées, 18 sont décédées.

La découverte d’un second cas en France place ce pays en première ligne du front face à cette maladie. Si le nombre de personnes touchées reste faible, c’est un virus totalement nouveau et donc mal connu. Il a jusqu’à présent tué un malade sur deux, ce qui montre toute la difficulté de combattre cette nouvelle maladie. Voici 10 ans, des mesures d’isolement avaient permis d’endiguer la progression du SRAS.

Les recommandations de l’OMS

De septembre 2012 jusqu’à présent, l’OMS a eu connaissance d’au total 34 cas d’infection humaine par le nCov dans le monde, confirmés en laboratoire, dont 18 mortels.

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à continuer de surveiller les infections respiratoires aigües (IRA) sévères et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle. Ce nouveau cas souligne bien la nécessité de la vigilance pour les voyageurs revenant de zones touchées par le virus et celle d’obtenir, si possible, des échantillons des voies respiratoires basses pour le diagnostic.

Il est rappelé à tous les États Membres qu’ils doivent rapidement évaluer et notifier à l’OMS tout nouveau cas d’infection par un nCov, en communiquant également les informations relatives aux expositions pouvant avoir entraîné l’infection et la description de l’évolution clinique.

Au regard de cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrées, ni l’application de quelconques restrictions aux déplacements ou au commerce.
Coronavirus ?

Les coronavirus sont une vaste famille de virus susceptibles de provoquer un large éventail de maladies chez l’homme, depuis le rhume banal jusqu’au SRAS. Les virus de cette famille provoquent également plusieurs maladies chez l’animal. 

Le nouveau coronavirus est une souche particulière jamais encore identifiée chez l’homme. Avec seulement un petit nombre de cas notifiés jusqu’à présent, on a très peu d’informations sur la transmission, la gravité et les conséquences de cette infection.

D’après les connaissances actuelles à son sujet, ce nouveau virus peut provoquer une infection respiratoire aiguë sévère, se présentant comme une pneumonie. Une défaillance rénale aiguë est aussi apparue chez au moins cinq cas.

L’OMS reconnaît que l’émergence d’un nouveau coronavirus capable de causer des maladies sévères est préoccupante compte tenu de l’expérience avec le SRAS. Bien que ce nouveau coronavirus soit apparenté de loin avec le SRAS-CoV, les deux virus sont différents. 
Le précédent du SRAS

Le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) est la première maladie grave et transmissible à émerger en ce XXIe siècle. L’épidémie, partie de Chine fin 2002, a éclaté au niveau mondial en 2003 faisant plus de 8000 cas et près de 800 morts. Grâce à une mobilisation internationale sans précédent, motivée par l’alerte mondiale déclenchée le 12 mars 2003 par l’OMS, l’épidémie a pu être endiguée par des mesures d’isolement et de quarantaine. De même, l’agent causal du SRAS, un coronavirus inconnu jusqu’alors, a pu être rapidement identifié.

Le SRAS, au départ nommé pneumopathie atypique, est caractérisé par une fièvre élevée (> 38°C), associée à un ou plusieurs symptômes respiratoires : toux sèche, essoufflement, difficultés respiratoires. D’autres symptômes peuvent être constatés comme des maux de tête, des douleurs musculaires, des diarrhées et un malaise général. La durée d’incubation ne dépasse généralement pas 10 jours. L’OMS considère que le taux de mortalité global est de 15% et peut dépasser 50% chez les personnes de plus de 65 ans.

Le SRAS s’est vite avéré être transmis d’homme à homme par l’air, probablement par des gouttelettes de salive contaminées. Il s’est rapidement propagé au niveau mondial à la faveur des transports aériens, les flambées les plus importantes s’étant concentrées dans les plaques tournantes aéroportuaires ou dans des zones à fortes densités de population. L’épidémie survenue dans un groupe d’immeubles (Amoy Gardens) à Hong Kong, où 66% des malades étaient atteints de diarrhées contre 2 à 7% habituellement, a soulevé la possibilité d’une transmission locale par le système d’évacuation des égouts. D’autres modes de transmission sont probables, par des objets contaminés par exemple.

(Source Institut Pasteur)


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