Santé

Docteure Alice Ranorojaona-Pélerin : « L’ethnomédecine remet le patient au centre du sujet »

Témoignages.re / 23 juillet 2014

À l’occasion de la remise de ce premier Diplôme Universitaire Européen d’Ethnomédecine, la Docteure Alice Ranorojaona-Pélerin, la seule médecin thésée qui prépare une thèse en Anthropologie a publié un texte où elle souligne que cet enseignement d’ethnomédecine ne vient pas concurrencer la médecine allopathique ; elle vient en complément, en particulier quand la médecine occidentale « ne trouve rien » alors que le patient ne se sent pas bien et passe de médecin en médecin, de spécialiste en spécialiste, de scanner en IRM... Voici son texte.

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Les 14 étudiant(e)s de cette première promotion du Diplôme Universitaire Européen d’Ethnomédecine, avec des responsables de cette initiative, comme à gauche Pascale Guiraud, Doyenne de l’U.F.R. Santé ; à droite, Laurence Pourchez, initiatrice et responsable pédagogique de ce D.U. ; et au centre, la Docteure Alice Ranorojaona-Pélerin, première femme ethnomédecin de l’Union européenne.
(photo J.P.)

Quand ni la clinique, ni les examens para-cliniques — que ce soit la biologie, le scanner, l’IRM ou la scintigraphie — ne racontent rien et que le mal persiste, quelle est l’autre ressource ? C’est, entre autres, à cette question que veut répondre l’ethnomédecine, une discipline qui vient agrandir le champ opératoire du personnel soignant et affiner sa capacité d’écoute, afin de décoder ce désordre qu’est la maladie et permettre une prise en charge plus globale de la personne souffrante en tenant compte de sa culture, de son environnement et de sa spiritualité.
On y apprend l’anthropologie, science de l’humanité, ainsi que les autres médecines savantes telles que la médecine ayurvédique, chinoise, chamanique, l’usage, la toxicité et l’efficacité des plantes avec l’ethnobotanique et l’ethnopharmacologie. C’est une pratique qui vient enrichir notre médecine classique et non pas lui faire concurrence comme voudraient l’insinuer les adeptes des polémiques.

Tout bon soignant s’est un jour heurté à une certaine impuissance, face aux limites de la médecine occidentale, et, au nom du bien-être du patient, s’est posé la question de solutions alternatives. Il est intéressant de noter que les deux pays les plus peuplés au monde disposent de leurs médecines savantes qui sont millénaires et il est légitime de voir comment elles sont aussi bien préventives que curatives.

L’ethnomédecine remet le patient au centre du sujet car il est en effet souvent le seul à pouvoir donner un sens au désordre que constitue la maladie. Les quatorze étudiants nouvellement diplômés d’ethnomédecine ont bénéficié durant deux ans de l’expérience des meilleurs experts en leur matière. À noter que l’UFR Santé de notre île, véritable creuset de la multi-culturalité, est la première à avoir mis en place ce diplôme en Europe.

Docteure Alice Ranorojaona-Pélerin


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