Santé

Eau du robinet : même recommandation qu’à Madagascar

Alerte sanitaire 6 communes concernées par la pollution de l’eau potable

Manuel Marchal / 20 juin 2013

L’Agence régionale de santé a publié hier un communiqué qui confirme une pollution de l’eau potable par des parasites à Salazie, Cilaos, Sainte-Marie, Bras-Panon, Saint-André et Saint-Benoît. Le risque est la gastro-entérite. Est-ce le début d’une nouvelle épidémie à La Réunion ? Cette alerte sanitaire permet de replacer La Réunion dans sa réalité, qui n’est pas celle d’un pays d’Europe de l’Ouest.


Photo Phovoir

L’an dernier, notre île avait été touchée par une épidémie de gastro-entérite. Six personnes sont décédées, des milliers furent contaminées. Le 12 juin, un communiqué de la préfecture annonçait la détection de parasites intestinaux capable de provoquer la gastro-entérite dans l’eau potable à Palmiste-Rouge. Hier, c’est l’Agence régionale de Santé (ARS) qui a confirmé l’ampleur de l’alerte. Les parasites de même type sont présents dans les réseaux d’eau potable de 6 communes.

Ce fait pose le problème de l’adaptation du réseau d’adduction d’eau à notre relief et à notre climat. La Réunion n’est pas un pays de plaines en milieu tempéré. C’est pourquoi les usines de potabilisation et les conduites supportent des contraintes différentes.

Cette pollution confirme que La Réunion n’est pas la France. Car désormais, il n’est plus recommandé de boire l’eau du robinet tant que le problème ne sera pas résolu, alors que nous ne sommes pas en période de cyclone.

D’habitude, c’est le genre de conseil que les Réunionnais entendent à Madagascar.

Enfin, la pollution de l’eau potable n’est-elle pas l’explication de l’épidémie de gastro-entérite de l’an passé ?

M.M.

Le communiqué de l’ARS

L’Agence de Santé Océan Indien (ARS OI) a identifié une présence faible et occasionnelle de parasites sur certains captages dans six communes de l’île. Les différents acteurs se mobilisent et poursuivent leurs contrôles et investigations afin de maintenir la distribution d’une eau potable de qualité.

Les parasites qui ont été détectés par les analyses sont de type Giardia et Cryptosporidium. Ces organismes sont présents naturellement dans l’environnement et, par voie de conséquence, dans les eaux superficielles, car ils peuvent être hébergés par de nombreuses espèces animales.

Six communes sont concernées de manière épisodique et pour une partie de leurs réseaux par la présence potentielle de ces parasites : Salazie, Cilaos, Sainte-Marie, Bras-Panon, Saint-André et Saint-Benoît.

Ces parasites, sous certaines formes et en cas de présence avérée, peuvent constituer un risque potentiel de gastro-entérite : des mesures sont donc effectuées à échéance régulière. Il convient d’ores et déjà de rappeler que la gravité de ce risque potentiel concerne principalement les personnes sensibles et immunodéprimées.

Une enquête épidémiologique va être lancée en fin d’année auprès de la population afin d’identifier les différents micro-organismes pathogènes à l’origine des gastro-entérites à La Réunion ainsi que les facteurs de risque associés à cette pathologie.

En application du principe de précaution, les communes précitées ont informé les abonnés des quartiers concernés en diffusant des recommandations de restrictions d’usage d’eau pour la boisson. Pour connaître la liste des réseaux concernés par les présentes recommandations, les abonnés peuvent s’adresser directement aux exploitants des réseaux d’eau.

Des plans d’action sont également en cours d’élaboration associant la préfecture, l’ARS OI et les communes sur les solutions techniques et équipements à réaliser pour améliorer la sécurité sanitaire de l’eau distribuée, dans le cadre des schémas directeurs d’alimentation en eau des communes.


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