Santé

Ebola, Zika, MERS-CoV et fièvre jaune urbaine : « le monde n’est pas préparé à y faire face »

69e Assemblée mondiale de la Santé à Genève

Témoignages.re / 25 mai 2016

Lundi lors de l’ouverture de l’Assemblée mondiale de la Santé à Genève, la Directrice générale de l’OMS, le Dr Margaret Chan, a ouvert les débat avec des mots de reconnaissance et d’espoir, mais a aussi lancé plusieurs mises en garde. Les flambées épidémiques récentes de virus Ebola, de MERS-CoV, de virus Zika et de la fièvre jaune urbaine s’apparentent à une « inquiétante résurgence de la menace que constituent les maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes », observant que « le monde n’est pas préparé à y faire face ».

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Assemblée mondiale de la Santé à Genève.

À l’occasion de l’ouverture de l’Assemblée mondiale de la Santé, Margaret Chan, Directrice de l’OMS, s’est d’abord félicitée des progrès mondiaux matière de santé publique, en particulier pour combattre le VIH, la tuberculose, le paludisme et la poliomyélite et pour améliorer la santé de la mère et de l’enfant.

Cependant, elle a averti que les flambées épidémiques récentes de virus Ebola, de MERS-CoV, de virus Zika et de la fièvre jaune urbaine s’apparentent à une « inquiétante résurgence de la menace que constituent les maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes », observant que « le monde n’est pas préparé à y faire face ».

Catastrophes à évolution lente

Et d’ajouter : « Compte tenu des évènements auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés, et des surprises que ne nous manqueront pas d’avoir, le point à l’ordre du jour dont les conséquences seront les plus vastes, sachant qu’un danger peut déferler sur le monde en très peu de temps, est celui portant sur la réforme de l’action de l’OMS dans la gestion des situations d’urgence sanitaire. »

Le Dr Chan a également mis l’accent sur les catastrophes « à évolution lente » : le changement climatique, la résistance aux antimicrobiens et la recrudescence des maladies non transmissibles chroniques comme le cancer, les cardiopathies et les pneumopathies et le diabète.

« Hors de tout contrôle, ces catastrophes à évolution lente finiront par atteindre un point de non-retour : les dommages seront alors irréversibles. » Cependant, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 vise à éviter ces catastrophes et représente un motif « d’optimisme et d’espoir ». Le Dr Chan a souligné que la santé tient une place centrale dans ce nouveau programme et que la couverture sanitaire universelle jouera un rôle essentiel pour atteindre les cibles liées à la santé.

« La couverture sanitaire universelle est la cible qui sous-tend toutes les autres. Elle est l’expression ultime de l’égalité en ne laissant personne sur le bord du chemin. »

Plus tôt dans la journée, l’Assemblée de la Santé a élu le Dr Ahmed bin Mohammed al-Saidi, Ministre de la santé d’Oman, en qualité de nouveau Président. Cinq vice-présidents ont aussi été nommés ; ils sont originaires d’Arménie, de Malaisie, du Panama, du Tchad et du Timor-Leste.

Questions à l’ordre du jour

Quelque 3500 délégués représentant les 194 États Membres de l’OMS – dont une forte proportion de ministres de la santé – assistent à l’Assemblée de la Santé, qui se terminera le 28 mai.

Lundi, les délégués ont entamé un débat en plénière sur le thème « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 » et commencé à discuter de la réforme de l’OMS. Au cours des prochains jours, ils débattront d’un large éventail de questions.

Les délégués seront notamment appelés à prendre des décisions sur la riposte de l’OMS aux situations d’urgence et sur le Règlement sanitaire international. Les maladies non transmissibles seront abordées, en particulier les facteurs de risque et les mesures de prévention. D’importantes décisions seront prises concernant l’obésité de l’enfant et la nutrition chez la mère, l’enfant et le jeune enfant, ainsi que sur la pollution de l’air, la lutte antitabac, la violence et la sécurité routière.

Dans le cadre des efforts mondiaux pour soutenir et renforcer les systèmes de santé, les délégués examineront des résolutions portant sur les ressources humaines pour la santé, les pénuries mondiales de médicaments et les services de santé « centrés sur la personne ».

Ils se pencheront également sur la mise en œuvre de la Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, dont il avait été convenu à la Soixante-Huitième Assemblée mondiale de la Santé, ainsi que sur les projets de stratégies mondiales du secteur de la santé contre le VIH, l’hépatite et les infections sexuellement transmissibles, lesquels sont assortis de nouvelles cibles conformes au programme des ODD.

D’autres résolutions à visée sanitaire seront examinées concernant une maladie tropicale négligée (le mycétome), le problème mondial de la drogue sous l’angle de la santé publique et le vieillissement en bonne santé.

Les résolutions de nature plus opérationnelle seront notamment consacrées à la collaboration de l’OMS avec les acteurs non étatiques (y compris les organisations de la société civile, les partenaires économiques et sociaux et les entités du secteur privé) et au rapport du Groupe de travail consultatif d’experts sur le financement et la coordination de la recherche-développement.

Une série de séances d’information technique commencera demain avec un débat sur le thème de la santé dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030, abordant en particulier l’action intersectorielle. Les séances suivantes porteront sur la mise en œuvre de la Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, les urgences sanitaires en pratique et les migrations et la santé.


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